Un seul contact de la carte à puce ouvre le passage pour l'utilisateur, dans le bus comme dans le métro et le train.
(Photo: Martin Alarie)
L'ère de la carte à puce est arrivée
Laval, comme le reste de la région métropolitaine et Québec, payera bientôt son passage dans le bus et le métro avec une carte à puce. Les étudiants en août, le reste de la clientèle ensuite, pourront se procurer progressivement la carte intelligente, d'ici l'élimination de l'ancien système, en 2009.
Dans les bus de la Société de transport de Laval (STL), les lecteurs de carte à puce, intégrés dans les nouvelles boîtes de perception installées en 2006, sont activés depuis peu.
Cobayes
Déjà, quelques stations de métro ont des tourniquets que l'on peut activer grâce à la nouvelle carte. Il sera possible de l'utiliser sur tout le réseau lundi prochain.
À Laval, quoique la première vague de cartes ne soit distribuée qu'en août, 700 employés de la STL et 325 Lavallois testeront le nouveau système en mai et juin. Ces derniers feront l'expérience d'acheter, d'utiliser et de recharger leur carte à puce sans aucune préparation, et répondront à quelques questions quotidiennement.
«Une fois juin passé, on fera le bilan de l'expérience. On va voir où ça va accrocher, où il y a un problème, comment ils la "reçoivent"», explique Alain Mongrain, du service des communications de la STL.
En douceur
Ces cobayes permettront de polir la nouvelle technologie, avant de la lancer à grande échelle. La suite des choses se fera tout en douceur. Pendant le déploiement, qui s'échelonnera sur 18 mois, l'ancien système côtoiera le nouveau.
«On a créé une brigade, composée de retraités de la STL», mentionne Marie-Céline Bourgault, directrice communication et marketing, à la STL. Cette équipe adoucira la transition, en visitant les résidences pour aînés, les écoles, les centres commerciaux, les terminus. «On veut vraiment accompagner la clientèle», résume Pierre Giard, directeur de la STL.
Moins de fraude
Une fois apprivoisée, la nouvelle carte simplifiera l'achat et l'utilisation des titres de transport.
Fait non négligeable, elle permettra de réduire la fraude. L'arrivée des nouvelles boîtes de perception, plus fiables, était déjà un pas dans la bonne direction, estime Martin Boileau, chauffeur depuis huit ans à la STL. «Avec la carte, il y aura encore moins d'erreurs», dit-il.
Il sera par ailleurs impossible, pour un utilisateur, de prêter sa carte au voyageur suivant après avoir lui-même payé son passage avec cette dernière. Un délai de vingt minutes est prévu avant de pouvoir la réutiliser sur la même ligne.
À la Société de transport de Montréal (STM), on évalue les pertes liées à la fraude dans les bus et le métro à 20M $ par année. Avec la carte Opus, la perte pourrait être réduite de 50%.
Six partenaires
La Société de transport de Montréal (STM) orchestre le changement technologique, qui déferlera simultanément dans quatre autres réseaux de transport, en dehors de Laval: le Réseau de transport de Longueuil, l'Agence métropolitaine de transport (AMT), l'Association des conseils intermunicipaux de transport et le Réseau de transport de la capitale.
Ces réseaux planchent ensemble, depuis 2001, à l'élaboration de ce projet. Au Canada, seule la Société de transport de l'Outaouais était passée à l'ère de la carte à puce à ce jour.
La technologie adoptée ici, élaborée par la compagnie ACS, a déjà été implantée à Lyon, Toulouse, Nice et Varsovie. Son implantation à Montréal et Québec a nécessité des investissements globaux de 217 M$, dont 169 M$ à la STM et 8 M$ à la STL.
> La carte Opus
> Est valide dans le bus, le métro et le train
Peut contenir jusqu'à quatre titres de transport. Tous les titres existants (CAL, TRAM, tickets) peuvent y être chargés
Est rechargeable grâce à des terminaux semblables à des guichets automatiques
Coûte 3,50$ jusqu'en 2009; son prix régulier sera ensuite de 7$
Sera vendue dans 700 points de vente
Pourra être enregistrée, en guise de protection contre la perte et le vol
Sert aussi de pièce d'identité, pour les étudiants et les aînés
Peut durer jusqu'à 7 ans