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On peut presque dire: Ouf!

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 27 avril 2008 à 5:45
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On peut presque dire: Ouf!
À Sainte-Dorothée, on s'arrange comme on peut pour faire face à la crue de la rivière des Prairies. (Photo: Martin Alarie) (Photo: sacs de sable)
Inondations
On peut presque dire: Ouf!
Tout se passe comme si le pire était évité, pour les riverains de l'île Jésus. Une veille d'inondation est maintenue pour les deux rivières qui bordent Laval, mais on ne s'attend plus aux crues menaçantes qu'on appréhendait il y a une semaine. Le Courrier Laval était sur le terrain mercredi.
Michel Cloutier, membre de l'équipe des Mesures d'urgence, en a vu d'autres. Notre printemps, à ses yeux, et aux yeux de John Leguerrier, qui conduit le véhicule à quatre roues motrices, est plutôt tranquille, quand on pense aux crues de 1984, 1994 et 2004.

M. Leguerrier a des souvenirs de la crue historique de 74. «Il y en avait, de l'eau!» La construction du barrage Grand-Moulin, à la sortie du lac des Deux-Montagnes, a changé la donne, dit-il. Beaucoup de remblai et de rehaussement de rue aussi.

Malgré tout, la quantité phénoménale de neige, cette année, a poussé les rivières des Mille Îles et des Prairies hors de leur lit. Le point chaud de l'heure (en ce mercredi matin), est Sainte-Dorothée. Nous roulons dans cette direction, après avoir quitté le Centre Accès de Laval-Ouest.
Chanceux
Depuis janvier, Michel Cloutier observe la même discipline. «Je me lève tous les matins, à quatre heures; je fais le tour de l'île, je regarde les mouvements de glace.» En plus de son travail chez Kraft, le bénévole a cumulé, cet hiver, cent cinquante heures à ratisser le même territoire. «Les gens commencent à me connaître!»
Ses observations et celles de ses collègues peuvent motiver ou non l'intervention de la grenouille (embarcation équipée d'une grue, utile pour démanteler les amas de glace) ou d'un aéroglisseur. «Là, il n'y a plus de glace, dit-il. On rassure les gens.»

Le réchauffement graduel a permis au couvert de glace des rivières de fondre avant l'arrivée des températures plus chaudes. Pour compléter ce portrait du printemps idéal, la pluie a été rare et le soleil assez présent pour évaporer l'eau de ruissellement.

«Honnêtement, si on avait eu la température qu'on a là il y a trois semaines, alors qu'il y avait encore de la glace, la situation aurait été autre. On a été chanceux. On est bénis.»
Routine
Le risque d'embâcle écarté, la tournée prend effectivement une note plus routinière. John Leguerrier conduit instinctivement l'équipe du Courrier Laval d'un endroit à l'autre. Pas de surprise au programme, rien que des secteurs qu'on retrouve, année après année, les pieds dans l'eau.

Au bout de la rue Les Plaines, la rivière des Prairies est littéralement dans la rue. L'eau menace de passer par-dessus une digue de sacs de sable. Plus à l'est, la Marina Bobino est envahie par les flots.

Sur l'île Bigras, vue du pont, une propriété ― «entièrement hydrofuge», note M. Cloutier ― s'en sort relativement bien. «Il y en a qui ont été très chanceux, ils ont même pas idée», commente-t-il.

Presque partout sur l'île, les riverains voient les canards de près. Même scénario sur l'île Verte, que l'on quitte pour mettre le cap sur une autre destination classique: la rue Jetté.

Là, la rivière lèche la rue dans un mouvement de marée. Elle monte jusqu'à la deuxième maison, à partir de la berge. Elle a déjà atteint la sixième adresse, à des dizaines de mètres plus loin, dit M. Cloutier. Rien d'alarmant.

La camionnette reprend le chemin du Centre Accès. John doit aller travailler. Et une tournée complète de l'île attend Michel.
«Si on avait eu la température qu'on a là il y a trois semaines, alors qu'il y avait encore de la glace, la situation aurait été autre. On a été chanceux.»
― Michel Cloutier, bénévole aux Mesures d'urgence

(Photo: inondation pompe)

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: sacs de sable)

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: inundation Bobino)

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: inondation règle)

(Photo: Martin Alarie)

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