Près de 3000 noms d'enfants figurent sur la liste d'attente du réseau de service de garde de Laval.
(Photo : Martin Alarie)
Nouveaux engagements du PQ pour les familles québécoises
Les mesures souhaitées pour les CPE laissent perplexe
Instaurer une plage horaire de douze heures, offrir un service de garde de soir, de nuit et durant les week-ends et favoriser le développement de places de garderie en milieu de travail font partie des mesures annoncées par le Parti Québécois (PQ) dans le cadre de son engagement pour les familles de la province. Seul bémol, ces mesures cadrent étrangement avec celles déjà mises en place par le Parti libéral du Québec (PLQ).
«C'est pratiquement du copier-coller des engagements qui ont été pris par le Parti libéral du Québec», soutient l'attaché de presse de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, Jean-Pascal Bernier.
«La grande question est de savoir à quel moment le document du Parti Québécois s'est préparé, explique le directeur général du Regroupement des centres de la petite enfance (CPE) de Laval, Mario Boucher. J'imagine que le tout a dû être préparé avant l'annonce du PLQ. Les deux partis roulent cependant sur le même chemin, mais l'offre du PLQ amène une lecture plus actuelle de la réalité.»
Cette lecture plus actuelle se reflète d'ailleurs, selon M. Boucher, dans la décision du PLQ d'ouvrir des places en milieu de garde à temps partiel. «Vouloir des places de soir, de nuit et de fins de semaine prouve que le PQ a travaillé avec d'anciennes données», explique-t-il. Instaurer un service de garde qui répond aux horaires de travail atypiques (de soir, de nuit et durant les fins de semaine) ne serait pas, selon M. Boucher, un besoin généralisé. Ayant d'ailleurs créé un guichet centralisé sur Internet, permettant aux parents d'inscrire leurs enfants sur la liste d'attente d'un ou plusieurs services de garde, le Regroupement des CPE de Laval a constaté que moins de 1% des parents lavallois auraient besoin de faire garder leurs enfants en dehors des heures d'ouverture traditionnelles. «Souvent les gens qui travaillent de soir, par exemple, préfèrent faire garder leurs enfants par la famille», confie Mario Boucher.
Quant au développement de places en milieu de travail, le service est déjà offert dans quelques établissements à Laval, dont le Collège Montmorency. «Là où cette offre fonctionne le mieux, c'est lorsque que le service de garde est affilié aux casinos, soutient M. Boucher. Il y a déjà eu un projet-pilote à la Cité de la santé, mais, au bout de six mois, le service a été enlevé parce que les employés préféraient faire appel à la famille pour la garde de leurs enfants.»
De place en place
Par son engagement, le PQ critique d'autre part «l'inertie libérale», trouvant que l'annonce faite par la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, d'ajouter 20 000 places en garderie au Québec au cours de cinq prochaines années, dont 4500 dès cette année, est insuffisante.
«Le 4500 places est une offre raisonnable si Laval réussit à en obtenir une bonne portion», estime M. Boucher.
Pour l'heure, 3000 noms d'enfants figurent sur la liste d'attente de l'ensemble des services de garde du territoire. De ce nombre, M. Boucher estime que le besoin réel se situe autour de 1500 places. «C'est que plusieurs enfants sur notre liste d'attente sont présentement en service de garde au niveau privé», constate-t-il.
Pour bien cibler les secteurs nécessitant plus de places, le ministère de l'Éducation a, par ailleurs, mis en branle un projet afin que les CPE et services de garde en milieu familial fassent une demande de places additionnelles ou d'ouverture de nouvelles installations. Le dépôt de ces requêtes devra être fait le 15 mai et Mme Courchesne s'est engagée à annoncer tous développements le 15 juin. «C'est un processus extrêmement rapide et c'est du jamais vu dans les services de garde, d'autant plus que les actions devraient être mises en place pour septembre 2008», se réjouit M. Boucher.
Extension de la plage horaire
Le PQ s'engage en plus à instaurer une plage horaire de douze heures dans certains CPE. À Laval, la grande majorité des CPE offre déjà une plage horaire de onze heures, étant ouverte de 7h à 18h. «Il faut faire attention de ne pas confondre heures d'ouverture et le nombre d'heures de présence des enfants», souligne M. Boucher.
Selon lui, l'ajout d'une heure aurait des impacts sociaux et financiers considérables. «Une heure de plus, ça se chiffre, soutient-il. Sur 1000 CPE, ça signifie 1000 heures de plus, ce qui engendre d'importants coûts.»
Il relève d'ailleurs le fait qu'un enfant ne devrait pas passer plus de dix heures consécutives dans un service de garde. «C'est déjà beaucoup pour un enfant», assure M. Boucher.
Le Regroupement de CPE de Laval a bon espoir, avec les engagements du MELS, de voir la construction d'une douzaine de nouveaux développements de service de garde d'ici les quatre prochaines années, en plus de l'augmentation de la capacité des places dans certains milieux.
Au moment de mettre sous presse, il n'avait pas été possible pour l'équipe du Courrier Laval de joindre le président du Parti Québécois pour la région de Laval, Michel Leduc.
PHOTO DIGITALE : Enfant CPE.jpg
(Photo : Martin Alarie)