Alors qu'il s'affairait à changer un câble électrique sur cet escabeau, André Hamelin a reçu un choc électrique de 370 volts qui l'a projeté au sol. Il a succombé à ses blessures quelques semaines plus tard.(Photo:Courtoisie)
Entreprise accusée de négligence
Mort de l'électricien André Hamelin
Une gestion déficiente de la sécurité liée aux installations électriques et une méthode inappropriée pour changer les câbles armés de luminaires, voilà ce qui aurait entraîné la mort de l'électricien André Hamelin, décédé en chantier le 26 novembre dernier, selon une enquête menée par la CSST.
Le 26 novembre dernier, André Hamelin, 64 ans, effectuait des travaux sur des luminaires d'un édifice commercial du site Centropolis à Laval. Au moment du changement d'un câble, le travailleur a subit un choc électrique de 347 volts, a perdu l'équilibre et fait une chute de 2,4 mètres avant d'atterrir sur un plancher de béton. Il est décédé à la suite de ses blessures quelques semaines plus tard. «Dans ce cas-ci, ce n'est pas le choc qui a été mortel, c'est sa chute», indique Manon Galipeau, resonsable des communications de la direction régionale de la CSST.
Méthode de travail inexistante
Selon l'enquête réalisée par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), sa mort aurait pu être évitée si le panneau électrique, qui se trouvait au sous-sol, avait été cadenassé pour empêcher que le circuit soit sous tension. «Étant donné que le panneau n'était pas cadenassé, la tension était demeurée à 347 volts. L'employeur aurait dû informer ses employés des risques liés à ces panneaux. Dans son programme de prévention, c'était bien écrit de ne pas travailler sous tension et de toujours cadenasser le panneau électrique, mais il est resté sur le bureau de l'employeur», dénonce Mme Galipeau.
De plus, l'employeur n'avait pas de procédure de travail liée au cadenassage selon Mme Galipeau. «Dans le programme, c'était écrit voir procédure, mais on s'est rendu compte que celle-ci était manquante. L'employeur est arrivé avec le lendemain de l'accident pour faire reprendre les travaux. Ce qu'on lui reproche, c'est de ne pas avoir informé les travailleurs avant», accuse-t-elle.
Étant donné que les procédures liées au cadenassage sont responsables de plusieurs accidents de travail sur les chantiers de construction, la CSST entend insister sur la prévention dans un proche avenir afin d'éviter que des accidents comme celui-là se reproduisent. «Dans toutes les entreprises où il y a de la maintenance, de l'entretien et des machines, il y a des travaux de cadenassage à réaliser», indique Manon Galipeau. «La plupart des amputations sont dues à une absence de cadenassage», fait-elle valoir.
Constat d'infraction
Un constat d'infraction a été émis à l'entreprise, soit Construction Michel Bourdon, pour avoir compromis la santé et la sécurité d'André Hamelin. Selon la CSST, c'est elle qui avait la responsabilité de ses employés, puisque le maître-d'œuvre du chantier n'était pas au courant que des travailleurs se trouvaient sur le chantier ce jour-là. «C'est de la responsabilité de l'employeur d'informer le maître-d'œuvre que des travailleurs se trouvent sur les lieux de travail. Il y avait beaucoup de manquements», constate Mme Galipeau.
Étant donné qu'il s'agit de la première infraction pour l'entreprise, l'amende variera entre 5000$ et 20 000$. «C'est certain que ces amendes ne sont rien comparées à une mort d'homme», observe Mme Galipeau. «Depuis 1979, ces tarifs sont en vigueur et les montants de ces amendes n'ont jamais été révisés par le gouvernement. On essaie de mettre d'autres moyens à notre portée pour éliminer les dangers. On sensibilise les gens avec les causes d'accidents pour qu'ils prennent en charge les milieux de travail.»
André Hamelin a été le deuxième travailleur à perdre la vie sur le site de Centropolis en six mois.
PHOTO DIGITALE (FORMAT WORD) PHOTO: LIEU ACCIDENT
(Photo:Courtoisie)