Une arme sélective
La popularité du Bti, larvicide biologique homologué au Canada, en 1980, est en partie imputable au fait qu'il agisse avec discernement, sur un sous-ensemble limité d'espèces.
C'est dans une petite mare du désert du Néguev, en Israël, que la bactérie à l'origine de ce produit a été découverte, en 1976.
Ce n'est pas la bactérie elle-même, qui est disséminée dans l'environnement au moment de l'épandage, mais bien les cristaux de protéines fabriqués par le Bti. L'action toxique de cette substance entraîne la perforation de l'estomac des larves de moustiques et de mouches noires.
Pour que le poison fasse son œuvre, toutefois, plusieurs conditions doivent être réunies, expliquent Jacques Boisvert et Jean O. Lacoursière, dans un ouvrage portant sur les insectes piqueurs réalisé en 2004 pour Environnement Québec. Les victimes doivent, entre autres, posséder un tube digestif à pH hautement alcalin.
C'est précisément le caractère capricieux de cet insecticide naturel qui en fait une arme très sélective, capable de mater les larves de moustiques et de mouches, mais inoffensive contre celles des lépidoptères (ordre d'insectes incluant les papillons), par exemple.
Selon les deux chercheurs, l'effet du Bti se restreint principalement à un sous-groupe des diptères (insectes à deux ailes capables de sucer ou de piquer). Les moustiques et les mouches noires sont les plus sensibles. Le mode d'action du cristal de Bti et son effet sélectif font encore l'objet de recherches.