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Quel risque prend-on au nom du confort?

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 9 mai 2008 à 12:39
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Quel risque prend-on au nom du confort?
De nombreuses études qualifient le produit utilisé par Laval, dans sa lutte Bacillus thuringiensis israelensis (Bti) d'inoffensif, mais son mode d'action n'est pas entièrement élucidé. Quel risque prend-on, en rayant de la carte des colonies de moustiques?
La nuisance se chiffre: on estime que de nombreuses personnes sont incommodées lors d'une exposition à plus de dix moustiques par cinq minutes. «Avant 1994, on enregistrait des taux de 50 à 100 moustiques par cinq minutes» dit Gilles Benoit, chef de division au Service de l'environnement de Ville de Laval.

Le taux visé par le programme de contrôle mis en place depuis est de six moustiques par cinq minutes, dans les secteurs traités.
Intolérants
Les études sur l'innocuité du Bti concluent qu'il peut être utilisé sans risque pour les humains, les autres mammifères et les espèces non ciblées. Parmi ces ouvrages, on compte un rapport sur l'utilisation de larvicides pour combattre le virus du Nil, réalisé par l'Institut national de la santé publique du Québec.
«À petite échelle, ça va. Mais à grande échelle, je suis contre, dit le directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, Guy Garand. Le pourcentage d'insectes qu'on tue constitue la base alimentaire pour de nombreuses espèces. Il n'y a pas d'effet sur les humains, mais j'ai un certain malaise. Est-ce qu'on n'est pas rendus intolérants?»
Effets sur l'environnement
«Toute méthode de lutte contre les insectes a un impact sur la chaîne alimentaire, estime Michel Loreau, professeur au département de biologie de l'Université McGill. Mais les larves de moustiques n'ont pas de prédateurs spécifiques. Je doute qu'il puisse y avoir un impact important.»
Un doute que partage Jacques Boisvert, microbiologiste et professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui analyse l'action du Bti depuis plus d'une vingtaine d'années. Peu d'études ont été réalisées sur une longue période de temps, admet-il.

Il cite en exemple un groupe indépendant qui a examiné l'impact de l'application de Bti sur la population d'oiseaux, de batraciens et de poissons, sur une période de 15 ans, en Allemagne, dans la vallée du Rhin. Résultat: aucun effet.

Les moustiques, comme leurs larves, ne représentent qu'un faible pourcentage du menu de leurs prédateurs, explique-t-il. Ces bestioles remplissent certains rôles écologiques, comme la filtration de l'eau et la pollinisation. Mais «sur cent moustiques, une dizaine sert à quelque chose», illustre le chercheur. (N.V.)

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