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Déception et indifférence

Dépôt du rapport de la Commission Bouchard-Taylor

par Sophie Méley-Daoust
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Article mis en ligne le 28 mai 2008 à 17:40
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Déception et indifférence
La présence de croix de chemin à Laval n'a jamais causé de polémique durant le tumulte de la Commission Bouchard Taylor, selon la Société d'histoire et de généalogie de l'Île Jésus. La croix Desnoyers sur le boulevard Lévesque pourra donc reposer en paix. (Photo: Martin Alarie)
Déception et indifférence
Dépôt du rapport de la Commission Bouchard-Taylor
Scénario prévisible comme lors de la plupart des dépôts de rapports, celui déposé jeudi dernier par la Commission Bouchard-Taylor a vite fait de provoquer une vague de déception et même d'indifférence, auprès des acteurs politiques, du milieu scolaire et autres organismes communautaires.
La motion déposée le 22 mai en après-midi par le gouvernement du Québec, sur le maintien du crucifix à l'Assemblée nationale, a toutefois rassuré le président du chapitre lavallois de la Société Saint-Jean-Baptiste, Pierre Benoît. «Ce symbole religieux est avant tout historique et se situe sur le terrain du patrimoine», soutient-il, s'inquiétant du même coup du sort de la Croix du Mont-Royal, érigée par la Société en 1924.

Ville de Laval ne s'ébranle toutefois pas de la question du crucifix, elle qui l'a enlevé de la salle du conseil de l'Hôtel de Ville il y a déjà quelques années, et qui a retiré la prière en début de conseil au mois d'octobre 2006. «Au sens des recommandations du rapport, rien n'affecte l'administration», assure le porte-parole de la Ville, Marc Laforge.
Débat sur la langue
Assurant que les entreprises comptant une majorité d'employés allophones utilisent l'anglais comme langue de travail, M. Benoît s'est dit déçu de voir que le rapport ne recommande pas aux entreprises de 25 à 50 employés de se soumettre à la Loi 101. «Nulle part dans le rapport on ne parle de renforcer la Loi 101, constate M. Benoît. À l'époque, la question du réajustement de la Loi était moins pressante, car il y avait moins d'immigrants.»
Pour le coordonnateur de La Corporation de développement communautaire (CDC) de Laval, Maxime Bergeron Laurencelle, la Commission Bouchard-Taylor n'était pas l'espace où devait se tenir un débat sur la langue. «Je n'ai pas l'impression que le débat s'est fait à la bonne place pour la question de la langue, affirme-t-il. Il y a deux langues officielles ici et au Québec il y a une majorité francophone, point.»

Selon lui, l'accent doit plutôt être mis sur les classes de francisation, dont une est notamment offerte au Carrefour d'intercultures de Laval. Il appuie d'ailleurs la recommandation du rapport soulignant l'importance d'augmenter le soutien financier aux organismes communautaires dont la mission est «d'inclure les exclus».
Impression de déjà vu
Messieurs Bouchard et Taylor suggèrent également d'assurer une meilleure connaissance du milieu scolaire aux parents de nouveaux arrivants. «Il y a deux ans, la CDC, le ministère des Affaires culturelles du Québec et d'autres partenaires ont mis sur pied le projet Passerelle, pour informer les parents nouvellement arrivés du milieu scolaire, explique M. Bergeron Laurencelle. Le rapport est venu confirmer des choses que nous faisions déjà.»
Pour le coordonnateur de la CDC, une des recommandations à appliquer prestement est la reconnaissance des diplômes décernés à l'étranger. Il salue également la proposition touchant la francisation, mais envoie un signal d'alarme: «Un budget est souvent donné pour un projet en particulier, qui est pourtant annexé à d'autres réalités, estime M. Bergeron Laurencelle. La classe de francisation au Carrefour d'intercultures est ainsi composée principalement de femmes, mais comme aucun financement n'est offert pour un service de garde, certaines attendent que leurs enfants entrent à l'école pour prendre le cours. Je connais une femme qui était ici depuis six ans et qui ne parlait pas le français, car elle avait des enfants à la maison.»
Tabletter
Pour plusieurs, le tablettage du rapport de la Commission Bouchard-Taylor est une réalité incontournable. «Le gouvernement en place ne risquera pas de se faire déranger par les questions périlleuses soulevées dans le rapport», décrète M. Benoît. «Les partis d'opposition et M. Charest ont rapidement pris position lors du dépôt, donnant l'impression que le tout risque d'être tabletté», conclut de son côté M. Bergeron Laurencelle.

PHOTO DIGITALE: Croix de chemin.jpg

(Photo: Martin Alarie)

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