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Stoppez la construction en milieu humide

Trois organismes environnementaux de la région demandent un moratoire

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 29 mai 2008 à 18:02
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Stoppez la construction en milieu humide
Parmi les milieux humides menacés par le développement urbain, figure celui qui jouxte l'École d'éducation internationale de Laval, jalousement défendu par des élèves. (Photo: archives Martin Alarie)
Stoppez la construction en milieu humide
Trois organismes environnementaux de la région demandent un moratoire
Le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval joint sa voix au CRE de Montréal et à l'organisme Sauvons nos boisés et milieux humides (Rive Sud) pour demander au gouvernement québécois un moratoire sur tous les projets de construction dans les milieux humides, afin de stopper «l'hémorragie».
Les trois acteurs de la scène environnementale ont convié les médias ― qui ont répondu à l'invitation en grand nombre ― à Saint-Anne-de-Bellevue jeudi, au cœur du corridor écoforestier de la rivière à l'Orme, qui recèle environ 4 hectares de milieux humides menacés par le développement.
Moratoire et règlement
Dans un premier temps, il s'agit de mettre les milieux humides à l'abri en décrétant un moratoire sur tous les projets de construction dans ces zones. Dans un second temps, il faut adopter une réglementation, pour assurer la protection de ces milieux sensibles.
Dans son allocution, le président de Sauvons nos boisés et milieux humides, Tommy Montpetit, a adressé ces deux demandes autant aux municipalités et MRC qu'au gouvernement provincial. «C'est une responsabilité collective», a-t-il souligné.

Même état d'esprit chez le directeur du CRE de Laval, Guy Garand, et chez son vis-à-vis montréalais, André Porlier, qui estiment que les municipalités et le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs sont complaisants face aux demandes des promoteurs.

«Ce laisser-faire a entraîné la disparition d'un nombre très important de milieux humides sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, fait valoir M. Garand. Quand on va voir Ville de Laval au sujet d'un milieu humide, on nous montre le certificat d'autorisation [du MDDEP]. La Ville a tendance à pelleter le problème dans la cour du ministère.»

Le directeur du CRE de Laval a profité de la rencontre pour passer en revue l'histoire récente du remblayage de milieux humides sur l'île Jésus. Les cas du Bois de la Source, du boisé de l'École d'éducation internationale de Laval, à Chomedey et du Domaine Islemère ont été cités en exemple.
Des chiffres bientôt
En 2004, Ville de Laval dévoilait son inventaire des milieux humides. «On nous avait promis zéro perte nette, rappelle Guy Garand. Aujourd'hui, on a plutôt une perte majeure.»
En 2007, le CRE de Laval rendait publiques des statistiques alarmantes. Entre 2004 et 2006 seulement, 22 % des milieux humides lavallois avaient été détruits ou altérés.

En 2004, Laval promettait également sa Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels d'intérêt, qui n'a toujours pas vu le jour. C'est cette politique qui déterminerait un mécanisme de compensation selon la valeur écologique des milieux humides sacrifiés.

Selon le cas, un milieu humide pourrait être conservé ou faire l'objet d'une compensation monétaire, en terrain, ou en lui substituant un autre milieu naturel. Ces solutions, y compris la dernière, sont loin de faire l'unanimité.

«Moi, je ne suis pas d'accord», laisse tomber Richard Pelletier, biologiste du CRE de Laval. Il n'est pas le seul. Dans un document de travail réalisé en mai 2005 par le MDDEP, la pratique était également mise en doute. «Il sera toujours préférable de conserver les milieux humides existants et de préserver leurs fonctions écologiques, que d'en créer de nouveaux», pouvait-on y lire.

Dans la même veine, M. Garand déplore la tendance à détruire des milieux humides en les remplaçant par des bassins de drainage artificiels, qui nécessitent des investissements importants. Ces derniers remplissent la fonction d'évacuer le trop-plein d'eau dans une zone résidentielle, par exemple, mais ne possèdent pas les vertus écologiques des milieux humides.

M. Pelletier documente de façon continue l'impact du développement urbain sur le terrain depuis près de quatre ans. Selon lui, Laval a encore subi des pertes importantes depuis 2006. Les chiffres seront révélés bientôt, indique M. Pelletier.

PHOTO: MORATOIRE MH

(Photo: archives Martin Alarie)

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