Démosthène, l'école privée de la communauté grecque orthodoxe de Laval, pourrait voir son financement par l'État passer de 100 à 60%.
(Photo: Martin Alarie)
Seule à bord
Démosthène pourrait voir son financement par l'État réduit de 40%
Démosthène, l'école privée de la communauté grecque orthodoxe de Laval, pourrait voir son financement par l'État passer de 100 à 60% selon ce qui est prévu dans le projet de loi 88 de la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.
Le mois de juin marquera également la fin du contrat d'association qui lie la Commission scolaire de Laval (CSDL) à l'école Démosthène et à l'école primaire Socrates. «Ce n'est pas une surprise pour la communauté grecque, car ils savent qu'ils sont en sursis depuis deux ans», expose la présidente de la CSDL, Francine Charbonneau.
En 2007 le ministère de l'Éducation (MELS) avait en plus fait pression sur la CSDL pour qu'elle prolonge les ententes la rattachant aux deux écoles grecques. La Commission scolaire Marie-Victorin en Montérégie a, de son côté, mis fin à l'entente qui la liait à l'école primaire Socrates en 2005.
Rétrospective
«À l'époque, la communauté grecque a été visionnaire en souhaitant favoriser l'intégration des jeunes Grecs dans les écoles francophones, mais l'association avec les commissions scolaires aurait dû cesser avec l'arrivée de la Loi 101», explique Mme Charbonneau.
«Il y a nombre d'années, les écoles étaient soit catholiques ou protestantes et la communauté grecque n'était pas intégrée à la société québécoise, mais lorsque l'école publique est devenue francophone et anglophone, il n'y avait plus lieu d'accrocher l'école à une religion, mais plutôt à un principe linguistique», ajoute la présidente de la CSDL.
À l'avenir
Selon Mme Charbonneau, étant donné la Loi 101 et les programmes de francisation, la CSDL «ne répond plus entière au contrat» l'associant à Démosthène. «La CSDL n'est plus qu'un portefeuille, un lieu de passage de l'argent, affirme-t-elle. Maintenant l'école fera directement affaire avec le ministère de l'Éducation.»
La CSDL souhaiterait d'ailleurs le retour d'un programme à l'image de celui coupé par le ministère de l'Éducation il y a quelques années et faisant du milieu scolaire un milieu culturel. «Le programme d'enseignement des langues d'origines (PELO) permettait que l'environnement de l'école reflète le milieu de vie de l'élève. Si la majorité de l'école est d'origine arménienne, pourquoi ne pas mettre en place des activités pour s'ouvrir à l'autre», constate Mme Charbonneau.
Réactions
Même si la fin du contrat d'association pour l'école Démosthène n'était pas une surprise pour sa directrice, Liza Henry, la nouvelle est loin d'être rassurante pour l'ensemble de la communauté grecque. «Nous sommes tous sous le choc, mais nous essayons de prendre le tout le plus positivement possible, confie Mme Henry. Nous avons juste le choix de nous relever les manches et d'être le plus créatifs possible.»
Pour augmenter sa clientèle, qui aurait chuté de 481 à 218 élèves depuis 1998, selon un article publié dans La Presse à la mi-mai, la directrice avoue que l'école devra miser sur le marketing.
Mme Henry garde toutefois espoir que l'article du projet de Loi 88 concernant le financement des écoles grecques soit révisé.
Quant aux critiques souvent entendues sur l'injustice du financement des écoles privées grecques par le gouvernement, Mme Henry n'a pas souhaité se prononcer.
Au moment de mettre sous presse, aucun retour d'appel n'avait été reçu du président de la communauté grecque orthodoxe de Laval.
(Photo: Martin Alarie)