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«Je ne serais pas assez fou pour tirer sur un policier»

Basil Parasiris témoigne à son procès

par Hugo Morissette
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Article mis en ligne le 4 juin 2008 à 10:39
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«Je ne serais pas assez fou pour tirer sur un policier»
PHOTO DIGITALE basile-parasiris.jpg Basile Parasiris croyait qu'on voulait du mal à sa famille, le 2 mars 2007. (Photo: Martin Alarie)
«Je ne serais pas assez fou pour tirer sur un policier»
Basil Parasiris témoigne à son procès
Appelé à témoigner à son propre procès, ce mardi après-midi, en tant que premier témoin de la défense, Basil Parasiris a raconté au jury sa version des faits, question de le convaincre une fois pour toutes que c’est par légitime défense qu’il a tiré sur le policier lavallois Daniel Tessier, le matin du 2 mars 2007.
Quand les policiers ont fait irruption chez lui, peu après 5h du matin, Basil Parasiris ne dormait que depuis peu.

« J’ai entendu trois grands bangs dans la porte d’entrée, raconte-t-il. Pour protéger ma famille, je me suis alors levé, j’ai empoigné une arme (357 magnum), et me suis dirigé vers le couloir. À la sortie de ma chambre, j’ai vu un grand individu vêtu de noir qui pointait une arme vers moi. Sentant ma vie en danger, j’ai tiré. »

« Quand ta femme te crie de toutes ses forces de faire quelque chose, et quand tu as des enfants à protéger, tu ne prends pas le temps, l’émotion peut prendre le dessus», ajoute-t-il.

Selon ses dires, il était tout à fait impossible pour lui de réaliser, avant ses coups de feu, qu’il s’agissait en fait d’un policier qui se trouvait devant lui.

Ce n’est que lorsque Daniel Tessier est tombé sur le ventre, après avoir reçu une balle au niveau du menton, que Parasiris a enfin pu réaliser la bourde qu’il venait de commettre.

« Quand il est tombé, j’ai aperçu l’arrière de sa veste pare-balles, où c’était inscrit POLICE, affirme-t-il. Je n’arrivais pas à croire ce que je venais de faire. J’aurais tant aimé le savoir avant de le tuer. Je ne serais pas assez fou pour tirer sur un policier. »
Quartier dangereux?
Selon Basil Parasiris, c’est parce que certains habitants du quartier avaient été victimes d’invasions de domiciles, précédemment, qu’il avait décidé de cacher des armes près de lui, dans sa maison.
« Avant, je les gardais toutes dans un casier de sécurité, mais avec les événements du quartier, je voulais garantir une sécurité à ma famille. C’est pourquoi j’en gardais une dans la cuisine, et d’autres à l’étage, dans la penderie.»

« Croyez-vous que votre fils savait où elles se trouvaient? », a questionné la procureure de la Couronne.

« C’est possible que ce soit arrivé une fois qu’il en voit une, mais je ne crois pas », a répondu Parasiris, qui a par ailleurs admis que la plupart de ses armes ont été achetées des mains d’un camionneur, et non dans un magasin.

La procureure Joëlle Saint-Germain a basé son interrogatoire sur certaines affirmations de Parasiris, qui viennent parfois en contradiction avec les informations qu’il avait livrées lors de sa déposition, après la fusillade.

Parasiris affirme toutefois que ce jour-là, il était sous le choc, alors sa mémoire faisait probablement défaut.

Demain (mercredi), on devrait entendre d’autres membres de la famille de Parasiris, qui étaient présents, le 2 mars 2007.

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