Gravement blessée au bras, Penny Gounis a tout de même été menottée
Penny Gounis, la conjointe de l'accusé qui avait été blessée par balle lors de la fusillade du 2 mars 2007, n'a pas apprécié que la police lui demande de ramper dans le sang de Daniel Tessier pour ensuite la menotter.
Quand la fusillade a éclaté, dans son domicile du Croissant-Rimouski, à Brossard, Mme Gounis tentait de crier à tous les tireurs de stopper les tirs, car il y avait des enfants dans la maison.
«Après quelques secondes, j'ai senti une brûlure au niveau de mon bras droit, raconte-t-elle. J'ai jeté un coup d'œil, et j'ai vu que je saignais beaucoup.»
Alors qu'elle se trouvait toujours dans sa chambre, et que le corps de l'agent Daniel Tessier gisait devant elle, elle s'est retrouvée face à face avec une policière, qui lui a demandé de lui montrer ses mains, et de ramper jusqu'à elle.
«J'ai dit que j'étais gravement blessée, mais ça n'a rien changé. On m'a obligée à ramper dans la grosse flaque de sang par terre, et on m'a ensuite menottée. J'avais très mal.»
Après s'être retrouvée menottes aux poignets, Mme Gounis a entendu sa fille de sept ans qui pleurait dans la salle de bain.
Elle s'est alors traînée de toutes ses forces jusqu'à elle, à l'aide de ses pieds, pour aller la réconforter.
«Je saignais beaucoup, et je savais que j'étais sur le point de tomber inconsciente. Je ne voulais toutefois pas que ça arrive devant ma fille, qui me suppliait de ne pas mourir. Je disais aux policiers d'appeler une ambulance, mais ils étaient très froids avec moi.»
Ce n'est toutefois qu'à l'arrivée des ambulances que les paramédics dépêchés sur place ont demandé aux policiers de lui retirer les menottes. «Un policier a répondu qu'il ne savait pas que j'étais blessée», ajoute Mme Gounis.
Tout au long se son témoignage, l'épouse de l'accusé a visiblement éprouvé beaucoup de difficultés à revivre la journée du 2 septembre 2007, ce jour où l'agent Daniel Tessier, de la police de Laval, a été tué lors d'une perquisition ratée. À plusieurs reprises, elle a dû reprendre ses esprits.