Petites annonces | Enchères au Québec | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Courrier Laval
Pool hockey inscription
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Le saccage continue

Milieux humides

par Nathalie Villeneuve
Voir tous les articles de Nathalie Villeneuve
Article mis en ligne le 7 juin 2008 à 10:16
Soyez le premier à commenter cet article
Le saccage continue
Le saccage continue
Milieux humides
Depuis des années, Richard Pelletier, biologiste du Conseil régional de l'environnement de Laval arpente les zones boisées de Laval et tient un registre de l'évolution des milieux humides. Le
  • Courrier Laval<@$p> l'a suivi sur le terrain, mardi dernier, question de constater les dégâts.
  • La première escale prévue à l'itinéraire est le site du développement résidentiel Bergerac III, à l'angle des boulevards Curé-Labelle et Saint-Elzéar. Il y a quelques années, plusieurs dizaines de milieux humides s'y trouvaient. Ils ont pratiquement tous été sacrifiés au profit du développement.

    Il s'agissait de petits milieux, de valeur moyenne, pas connectés entre eux. En vertu de la nouvelle grille d'analyse du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), ils auraient encore aujourd'hui peu de chances de rester intacts, face à la pression de l'urbanisation. Québec a la gâchette facile, lorsqu'il s'agit de délivrer des autorisations de construire en milieu humide, déplore Richard Pelletier.

    Mais faut-il se formaliser de la perte de tous les milieux humides? La réponse est complexe, s'allonge à mesure que l'on traverse sentiers, marais, marécages, étangs et boisés humides.
    Près de chez nous
    Avant d'arriver sur le site de Bergerac III, le biologiste ne peut s'empêcher de multiplier les arrêts. D'abord à Auteuil, dans le quadrant nord-est du boulevard des Laurentides et de la rue Thibault, où six milieux humides céderont bientôt la place à des habitations.
    Aujourd'hui, le cornouiller et le chèvrefeuille embaument. Les essences qui ponctuent le sentier fournissent les indices de la présence de milieux humides: frêne rouge, saule, érable argenté. À nos pieds qui calent dans la vase, le carex commence à pousser. Plus loin, les têtards s'enfuient par dizaines à notre approche.

    «La perte de biodiversité, c'est pas juste dans la forêt amazonienne. C'est pas un grand cataclysme», fait remarquer M. Pelletier. Les pertes se font en douce, près de chez nous.
    Bassins de drainage
    Un second arrêt impromptu s'impose, derrière la gare Vimont, à l'est de la ligne de train de banlieue Saint-Jérôme–Montréal. Là, la terre éventrée rappelle un champ de bataille. Le désastre se prolonge dans un étang, plus loin, à demi remblayé par le propriétaire, sans l'autorisation du Ministère.
    Le gâchis est d'autant plus frustrant que la Ville a aménagé, un peu plus loin, un bassin de drainage à même l'étang: une façon de tirer profit d'un milieu naturel déjà en place, plutôt que de dépenser des centaines de milliers de dollars pour des bassins artificiels.

    L'exemple le plus frappant de ce type d'aménagement se trouve sur le rang de l'Équerre, à proximité du bois qui porte le même nom, à Sainte-Rose. Pierres disposées comme dans un jardin japonais, arbres, pelouse, sentier cyclable «C'est un milieu stérile», conclut le biologiste.

    Cet investissement permet le drainage des zones résidentielles actuelles et futures du secteur. Une fonction qui est assurée naturellement par les milieux humides, qui jouent, en prime, un rôle écologique important. Comble de l'absurde, les bassins des deux côtés de la route sont aménagés… sur d'anciens milieux humides!
    Perte nette
    Une courte halte aux confins du boulevard Industriel nous amène sur le seuil d'une voûte d'arbres matures qui surplombe un étang. Un écrin magnifique, coupé par un sentier de VTT en saison hivernale.
    Quelques minutes en voiture suffisent pour atteindre le marais Saint-Elzéar. «C'est là que tout a commencé», en matière de lutte pour la sauvegarde des milieux humides à Laval, note M. Pelletier. C'était en 2001. Le site a été sauvé en partie. «On a évité le pire», dit-il en observant un couple de bernaches et leurs petits, à l'aide des lunettes d'approche.

    Plus fraîches, des cicatrices laissées par les pelles mécaniques s'offrent au regard au bois de la Source, à Fabreville, et au Domaine Islemère, à Sainte-Dorothée. Sur ces deux sites, le développement ira plus avant.

    Dans tous les cas, sans un mécanisme de compensation et un plan d'ensemble que l'administration de Gilles Vaillancourt refuse de dévoiler, les destructions et les altérations sont interprétées comme des pertes, estime le biologiste du CRE. «Ce qu'on veut, c'est des zones de conservation. Là, on n'a pas de base de discussion. On y va à la pièce.»
    >Bilan 2004-2007
    > 353 milieux en 2004 (331,2 ha)

    > 249 (71 %) intacts en 2007

    > 63 (18 %) disparus

    > 104 (29 %) altérés ou disparus



    En superficie (ha):

    > 262,8 (79,3 %) intacts en 2007

    > 27,1 (8,2 %) disparus

    > Les superficies altérées sont inconnues



    > 35 milieux touchés sans l'autorisation du Ministère

    > 41 certificats d'autorisation demandés de novembre 2004 à mars 2008

    > 0 demande refusée

    > Les milieux humides ne représentaient que 0,6 % du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal en 2001
    Source: Conseil régional de l'environnement de Laval. Les données ne tiennent pas compte des milieux humides en zone agricole.

    Ces articles pourraient également vous intéresser

    Vos commentaires

    Nom complet:
    (requis)


    Adresse courriel:


    Vos commentaires :
    (requis)


    Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

    Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


    Chez nos voisins


    La question du net


    Liens