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Les maisons poussent, les marais s'assèchent

Laval refuse de dévoiler son plan d'ensemble

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 7 juin 2008 à 9:12
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Les maisons poussent, les marais s'assèchent
Laval refuse de dévoiler son plan d'ensemble
Entre 2004 et 2007, 29% des milieux humides lavallois ont disparu ou ont été altérés, en zone urbaine. La logique infernale se résume en peu de mots: les maisons poussent et les milieux humides sont remblayés.
Le 29 mai, le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval se joignait à deux autres organismes environnementaux de la région montréalaise pour demander au gouvernement du Québec un moratoire sur la construction en milieu humide.

Il dévoile maintenant des chiffres sur la disparition des éponges naturelles que sont les milieux humides, dans la région lavalloise. Le CRE de Laval avait achevé un premier suivi en 2005, un an après la publication de l'inventaire des milieux humides réalisé par la firme Municonsult, à la demande de la municipalité.
Disparus ou altérés
En un an, 38 milieux avaient disparu, soit 14 ha (4 % de la superficie répertoriée en 2004). Une quarantaine d'autres étaient altérés. Trois ans après le passage de Municonsult sur le terrain, le bilan s'élève à 63 milieux disparus, soit 27 ha, qui représentent un peu plus de 8 % de la superficie inventoriée en 2004.
Aux milieux disparus s'ajoutent les zones altérées, dont il est difficile de connaître la superficie. Au total, 104 milieux ont été touchés depuis 2004, soit 29 % par rapport à l'inventaire de Municonsult.
Pas de commentaires
Ces chiffres laissent de marbre l'administration Vaillancourt. «On tient notre engagement pris en 2004 de zéro perte nette [de milieux humides]», a répété l'attachée politique du maire, Amélie Cliche.
Or, un bilan net nul est assuré par un mécanisme de compensation (création de nouveaux milieux ailleurs, échange de terrain, compensation monétaire) qui n'a jamais été rendu public par la Ville. «Notre bilan [des milieux humides] et le mécanisme seront rendus publics en temps et lieu», a indiqué laconiquement Mme Cliche.

Au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, on renvoie la balle à la municipalité. «C'est eux qui savent comment ça fonctionne», dit Pierre Robert, directeur régional au MDDEP.

Le CRE de Laval déplore par ailleurs la complaisance du MDDEP, qui n'a refusé aucune demande d'autorisation de travaux en milieux humides depuis 2004, à Laval. Dans plusieurs cas, des autorisations ont été délivrées dans des zones que le Ministère lui-même a qualifiées «d'intérêt pour la conservation», en 2005.

C'est le cas notamment dans le bois de la Source, à Fabreville, au Domaine Islemère et dans le bois de l'Équerre. «Nous, on demande de minimiser et de compenser [l'impact de la construction sur les terres humides]. Les directives récentes n'assurent pas que les milieux humides ne soient pas affectés par le développement», concède M. Robert.

Ces directives récentes, effectives depuis janvier 2007, ont été établies afin de simplifier le processus d'autorisation de travaux en milieu humide, en vertu de l'article 22 de la Loi sur la qualité de l'Environnement. Elles facilitent notamment les choses pour les petits milieux, de moins de 0,5ha. Ces milieux représentaient 61 % de l'inventaire à Laval, en 2004.

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