Me Franklin Gertler, procureur de la poursuite.
(Photo: Martin Alarie)
Fichier:Franklin Gertler (photos 2cols à venir)
Les jeux sont faits
Le procès entourant le décret de la A-25 s'est terminé vendredi
Après cinq jours d'audience, le juge Pierre Béliveau qui préside au procès visant à déclarer illégal le décret gouvernemental en lien avec les travaux du pont de l'autoroute 25 a pris, vendredi, la cause en délibéré.
Et il y a fort à parier que le verdict tombe d’ici la fin juin, considérant qu’en 13 ans de pratique le plus long délibéré du juge Béliveau aura été d’un seul mois.
Tout au long de la semaine, le magistrat de la Cour supérieure a rappelé, aux plaideurs de la poursuite et de la défense, les questions fondamentales auxquelles il devra s'appliquer à répondre avant de rendre jugement.
La ligne rouge
Tout en reconnaissant la large discrétion que confère au ministre le cadre législatif de la Loi sur la qualité de l'environnement, le juge Béliveau doit déterminer si «le ministre a franchi la ligne rouge». Il a toutefois indiqué qu'il n'avait pas à se substituer au conseil des ministres «si ce qui a été fait n'est pas complètement déraisonnable».
Reprenant à son compte l'expression du juge, l'avocat représentant la ville de Laval, Me Daniel Bouchard, s'est permis de définir «la ligne rouge» comme étant la discrétion octroyée au ministre et à son gouvernement par le législateur.
Deux autres questions au coeur du litige: l'étude d'impact environnementale commandée par le ministère des Transports du Québec était-elle conforme aux directives, et le concessionnaire privé était-il tenu de prendre part aux audiences publiques et se soumettre aux questions des citoyens?
Qualifiée de «déficiente» par la poursuite, l'étude a paru «sérieuse» au juge. «Il me semble que les grandes questions ont été traitées; je comprends qu'on peut toujours en faire plus, mais on ne peut pas dire que c'est un travail qui a été bâclé», a-t-il apprécié en citant «deux documents de 350 pages chacun».
Prétentions rejetées
Quant aux autres prétentions de l'avocat de la poursuite, Me Franklin Gertler, à l'effet qu'il soit contraire à la loi de tenir des consultations publiques sur la base d'un «concept vraisemblable» plutôt que d'un projet défini, elles ont été rapidement écartées par le juge Béliveau.
Idem pour les arguments allégués pour faire invalider les décrets sur la base du flou entourant la notion d'initiateur du projet dans les documents du gouvernement.
Dans chacun des cas, le magistrat en a appelé au gros bon sens, jugeant le débat inutile et le reléguant à une simple question de sémantique.
Rappelons que dans son rapport, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) n'avait pu déterminer qui, du promoteur ou du concessionnaire privé, serait détenteur du certificat d'autorisation émis par le ministère de l'Environnement, lequel serait, par voie de conséquence, imputable en cas de problème, précisait-on.
Enfin, une autre question capitale, amenée celle-là in extremis par l’avocat de la défense Me Bouchard, alimentera également la réflexion du juge au cours des prochaines semaines, à savoir si le délai de plus de trois mois entre l'adoption du décret et le moment du dépôt de la requête introductive d'instance est jugé raisonnable ou pas (voir autre texte à page A7).
(Photo: Martin Alarie)
Fichier:Franklin Gertler (photos 2cols à venir)