L'art d'enseigner
Semaine québécoise des personnes handicapées
Pour leur dévouement, leur passion et leur créativité, l'équipe enseignante des Services de formation à l'intégration sociale (SFIS) du Centre L'Impulsion a reçu lundi le prix hommage À part entière remis dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées.
C'est attablés dans le local servant de cuisine à leurs élèves que sept enseignants du SFIS ont échangé sur leur travail et le motivant défi d'œuvrer quotidiennement auprès de personnes handicapées.
Quant au prix? La professeure Manon Falardeau le qualifie d'un «beau velours» sur leur travail. «Nous ne sommes pas regardants sur l'énergie que nous donnons tous les jours», ajoute Mme Falardeau. «Et nous sommes privilégiés par l'équipe que nous formons et notre directeur [Patrick Pierard] nous facilite les choses», confie à son tour l'enseignante Manon Monette.
Parcours
«Le service a été créé pour répondre aux besoins d'une clientèle handicapée adulte grandissante», explique Mme Monette.
Avant la création des SFIS, la majorité des professeurs de ce groupe travaillaient en alphabétisation pour la Commission scolaire Les Écores, aujourd'hui fusionnée à la Commission scolaire de Laval. Certains autres, comme Sylvie Lussier et Thérèse Déry, ne se prédestinaient aucunement à travailler avec des personnes handicapées. «J'étais professeure de français et un jour j'ai soumis ma candidature pour faire de la suppléance au Centre L'Impulsion et on m'a offert un poste en intégration sociale», avoue Mme Lussier. «J'ai été commis-comptable et j'ai travaillé en alphabétisation avant de venir travailler ici», affirme Mme Déry, ajoutant avec humour que la prochaine étape de sa vie la mènera vers une retraite bien méritée.
Cette équipe constate par ailleurs que peu de jeunes professeurs se destinent vers l'enseignement auprès de personnes handicapées adultes. «Ils sont plutôt attirés vers des enfants handicapés de niveau primaire où le progrès se voit plus rapidement, réalise Mme Lussier. Et puis dans le milieu adulte, ça peut prendre jusqu'à dix ans avant d'avoir un poste permanent.» Selon elle, la majorité des colloques traitant de l'enseignement auprès de personnes handicapées touche d'ailleurs plutôt les enfants que les adultes.
Créativité
«Nous avons notre propre rythme d'enseignement, car nous ne sommes pas talonnés par des critères de réussite», estime la professeure Manon Beaudet. Une réalité à l'antipode du milieu scolaire régulier, permettant ainsi aux personnes qui fréquentent les SFIS d'acquérir une plus grande autonomie, de s'organiser de meilleure façon au quotidien et d'accroître leur intérêt pour divers loisirs.
Les SFIS offre des cours de cuisine, de mathématiques, des ateliers de théâtre et d'arts et des stages en entreprises. «Pour les stages, les étudiants sont supervisés par des gens du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle Normand-Laramée, mentionne le professeur Michel Marinier. Ils peuvent laver des jouets dans des centres de la petite enfance ou encore classer des vidéos dans un Club vidéo.»
Accueillant près de 145 adultes, dont certains sont intégrés à deux groupes ayant des besoins plus complexes, les professeurs des SFIS sont toujours à la recherche de projets inusités qui amèneront leur clientèle à s'intégrer à l'ensemble de la population.
Des projets de jumelage sont organisés avec des classes du primaire et divers ateliers de cuisine sont mis sur pied. «Nous avons l'atelier muffins où sont fait tous les lundis près de 800 muffins qui sont envoyés au Centre de bénévolat Laval qui les redistribue sous forme de collation aux écoles du territoire», explique Mme Beaudet, ajoutant que cette mini-entreprise sociale a remporté en 2004 un prix en entrepreneuriat.
Les dix d'enseignants des SFIS n'échangeraient pour rien au monde leur place auprès d'une clientèle qu'ils qualifient de joyeuse, motivée et spontanée. «Nous apprenons énormément d'eux», conclut Mme Falardeau.
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(Photo: Maya – Alarie Photo)