L'exposition Mémorial -- suites lumineuses tient du cabinet des curiosités.
(Photo: Martin Alarie)
Deux expositions le temps d’un recueillement
Les expositions en cours à la salle Alfred-Pellan, et si j’étais tout ce que j’ai rêvé… et MÉMORIAL -- suites lumineuses, permettent un rare moment de recueillement dans nos vies bousculées du 21e siècle.
Si la psychologue et artiste de formation Marie-Ève G. Rabbath pose une réflexion articulée sur nos périodes charnières de remise en question, le duo de l'artiste Sylvie Gosselin et du concepteur d'éclairage Luc Prairie invite le visiteur à porter un regard imagé sur ses souvenirs.
«Nous sommes dans l'introspection. Les cocons de Rabbath, faits d'une grande variété de matériaux, illustrent cette prise de conscience que l'on fait sur nos vies, ces temps où nous restons fermés sur nous –mêmes, et que l'on révise nos valeurs», explique Jessica Dupont, commissaire des expositions.
«De leur côté, Gosselin et Prairie interrogent la mémoire à la fois individuelle et collective, dans une série d'associations libres d'objets (bijou, crayon, colimaçon, œuf), placées derrière des verres optiques, ou à l'intérieur de bocaux», poursuit-elle.
Chez Rabbath, les matériaux sont souvent recyclés, respectant la logique d'une deuxième vie à venir, alors que les objets hétéroclites du Mémorial ont été ramassés un peu partout.
Jeux de lumière
La projection de lumière est un aspect primordial de MÉMORIAL – suites lumineuses. Les artistes nous entraînent dans un discours où l'ombre de l'objet est aussi importante que l'objet lui-même.
«Il y a des contenants et des contenus. Cette démarche m'a permis d'aller chercher l'essentiel dans mon travail de concepteur. Jusqu'où peut-on aller pour transformer l'objet, par des nuances d'ombre et de lumière», raconte Luc Prairie, qui travaille surtout à l'opéra et autres théâtres institutionnalisés.
Devenir papillon
Un regard avisé remarquera les jeux de transparence qu'exploite Marie-Ève G. Rabbath, en lien avec cette transparence que l'on se doit envers soi-même. Les cocons sont ouverts ou fermés, et de diverses dimensions, dont les plus gros rappelant les grillages de prison, disposés au centre de l'installation.
«J'ai exprimé ce qui me touche chez les humains en développement. Mes cocons prison représentent le confort du connu, qui nous empêche parfois d'évoluer autrement. Ne lâchons pas, nous pouvons tous devenir de beaux papillons», observe Marie-Ève G. Rabbath, qui utilise beaucoup l'art dans son métier de thérapeute.
L'artiste a tenu à laisser une introduction écrite aux visiteurs, en guise de clef pour mieux saisir son propos artistique.
Les expositions «MÉMORIAL – suites lumineuses», ainsi que «et si j’étais tout ce que j’ai rêvé…» sont présentées jusqu’au 22 juin prochain à la Salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval (1395, boul. de la Concorde Ouest). La salle d’exposition est accessible du mardi au dimanche, de 13h à 17h et le vendredi de 9h à 12h et de 13h à 20h. Information: 450 662-4440.
PHOTO DIGITALE PellanMai2008
(Photo: Martin Alarie)