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Le PSC joue la carte de l'environnement

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 16 juin 2008 à 9:15
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Le PSC joue la carte de l'environnement
«Nous ne sommes pas un parti vert», a précisé Robert Bordeleau, chef du Parti au service du Citoyen (PSC), lors d'une conférence de presse entièrement consacrée à l'environnement, donnée mercredi à l'Hôtel Saint-Martin.
Le chef du PSC, qui compte briguer la mairie aux prochaines élections municipales, a expédié la présentation de son équipe naissante, qui figurait au programme de son second rendez-vous avec les médias, depuis le lancement de son parti, il y a sept mois.

Si le reste de la rencontre a clairement tourné au vert, M. Bordeleau a candidement concédé qu'aucun des membres de son équipe n'avait d'expérience ou de formation reliée à l'environnement. «Nous sommes des généralistes», a admis le chef du nouveau parti, également consultant en commerce international.
Milieux humides
Le futur candidat à la mairie, qui a déjà courtisé l'électorat trois fois dans le district de Laval-des-Rapides, depuis 1993, s'est néanmoins lancé dans la lecture d'une longue diatribe dirigée contre l'administration en place.
La perte de milieux humides, ainsi que la conservation des milieux naturels constitue l'essentiel du menu présenté. Ce réquisitoire très ciblé était livré deux semaines après que le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, de concert avec deux autres organismes environnementaux de la région de Montréal, eut demandé un moratoire sur la construction en milieu humide au gouvernement québécois et aux municipalités.

Un des engagements électoraux du PSC va dans le sens de cette demande. «Dès notre entrée en fonction le 2 novembre 2009, nous émettrons un moratoire complet et immédiat sur tous les projets qui pourraient toucher de près ou de loin à nos forêts, nos boisés, ainsi qu'à nos milieux humides.»

L'aspirant maire promet également la ligne dure contre les promoteurs, en multipliant par plus de 37 l'amende exigée (de 400 $ à 15 000 $, selon le PSC) lors de l'abattage illégal d'arbres et du remblayage de milieux humides.

Il multiplierait par un facteur de 83 la pénalité liée à la construction sans permis (de 300 $ à 25 000 $, selon le PSC), en plus d'exiger la remise en état des sites. Robert Bordeleau n'a pas précisé les modalités d'application de telles mesures.
Méli-mélo et flou
Afin de justifier le besoin de changement à l'Hôtel de Ville, M. Bordeleau a avancé informations et chiffres souvent appuyés sur des sources qu'il a refusé d'identifier.
Des bévues évidentes ponctuent cependant le document de presse. «Tout récemment, nos sources nous ont appris qu'une école Internationale pourrait être bâti (sic) prochainement dans un autre milieu humide».

Un journaliste du quotidien Le Devoir commettait une méprise semblable dans l'édition du 30 mai, alors qu'il citait des propos tenus par le directeur du CRE de Laval. M. Bordeleau assure ne pas avoir bêtement reproduit l'erreur.

Il affirme par ailleurs que la lecture du schéma d'aménagement de Laval lui permet de constater qu'en 1989, le territoire de Laval comprenait «environ 740 milieux humides» et «qu'environ 30%» d'entre eux ont été détruits, soit «environ 215».

«Il n'existait pas d'inventaire des milieux humides à Laval avant 2004», affirmait pourtant Pierre Robert, directeur régional au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, lors d'une entrevue téléphonique, le 6 juin.

Ville de Laval a rendu public son inventaire en 2004. Ce document, réalisé par la firme Municonsult, identifiait l'existence de 740 milieux sur le territoire lavallois, autant sur les rives que dans la zone agricole et urbaine.

C'est sur la base de cet inventaire que le CRE de Laval dévoilait, il y a peu, des statistiques sur la disparition et l'altération de milieux humides, depuis 2004. Selon ces chiffres, 29 % (104 sites) de ces milieux ont été altérés ou détruits en zone blanche, au cours des quatre dernières années.

Le CRE avait amorcé ses relevés sur le terrain en 2000. Avant ce moment, impossible d'avancer quelque chiffre que ce soit au sujet de la disparition de milieux humides, confirme le directeur de l'organisme, Guy Garand. Quant au schéma d'aménagement de 1989, il ne contient aucune donnée sur le nombre de milieux humides à Laval, ajoute-t-il.

Robert Bordeleau, qui a été peu loquace, voire muet, quant aux autres enjeux environnementaux, entend dévoiler graduellement la totalité de son programme, d'ici les prochaines élections.

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