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Courrier Laval
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Engagés, mais insatisfaits

Les enseignants trouvent lourdes leurs conditions de travail

par Sophie Méley-Daoust
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Article mis en ligne le 20 juin 2008 à 20:45
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Engagés, mais insatisfaits
Les enseignants trouvent lourdes leurs conditions de travail
Malgré un fort engagement envers leur profession, plusieurs professeurs ressentent une certaine détresse psychologique liée à leurs conditions de travail. Cette affirmation ressort des conclusions, rendues publiques vendredi, de la recherche instiguée par Nathalie Houlfort sur la santé psychologique des enseignants sous la réforme scolaire.
L'étude, dont les résultats préliminaires ont été présentés en janvier au colloque du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, a été menée auprès de 476 enseignants volontaires de la Commission scolaire de Laval (CSDL).

«Les résultats sont très pertinents, mais ne sont pas très surprenants, car ce sont des données qu'on connaissait déjà», explique Mme Houlfort de l'École nationale d'administration publique (ENAP).
Sentiment de compétence
Selon les résultats obtenus de la recherche, les enseignants se sentiraient dépassés par leurs tâches et leur environnement de travail. «Les enseignants notent un piètre équilibre entre leurs demandes d'appui et de soutien et les délais de réponses et les ressources disponibles, souligne la chercheuse. Aujourd'hui, le rôle de l'enseignant n'est plus seulement de transmettre des connaissances, mais de jouer les accompagnateurs.»
Sur neuf sources d'insatisfactions identifiés dans l'étude, près de 18% des répondants disent être insatisfaits de leurs conditions de travail en raison des «réunions inutiles, de la lourdeur de la bureaucratie, de l'augmentation de l'intensité des tâches sans soutien et de la mauvaise condition des écoles». Également, 13% des professeurs avouent que leur insatisfaction est liée à la réforme pédagogique notamment en raison de son «intégration à n'importe quel prix».
Manque d'autonomie
Avec l'arrivée de la réforme, plusieurs professeurs ont dit sentir leur autonomie professionnelle menacée. «Ils se sentent moins autonomes dans leur façon d'enseigner avec la réforme et sentent que leur jugement n'est pas pris en considération lorsque vient la cotation des élèves ayant des troubles d'apprentissage», affirme Mme Houlfort, ajoutant que la profession est de moins en moins catégorisée comme étant «le plus beau métier du monde.»
Urgence d'agir
Mme Houlfort assure, par ailleurs, que les éléments de la réforme «ne sont pas mauvais en soi». «Il faut plutôt se pencher sérieusement sur la réforme telle qu'elle est présentée. Il faut se questionner à savoir si son application est optimale», soutient-elle, ajoutant qu'une professeure en science de l'éducation à l'Université de Montréal, Régine Pierre, approuve l'approche socioconstructive de la réforme, favorisant notamment l'autonomie des élèves, mais trouve anormale qu'elle soit intégrée au primaire.
L'intégration des jeunes, favorisée depuis nombre d'années et plus intensément depuis l'arrivée de la réforme, est aussi un poids de plus sur les épaules de la communauté enseignante. «La réforme a contribué à une plus grande intégration, observe Mme Houlfort. Les profs sont prêts aider les jeunes en difficulté dans leur classe régulière, mais les conditions en place ne leur permettent pas de le faire adéquatement.»

Pour le président du Syndicat de l'enseignement de la région de Laval, Michel Trempe, un trop grand nombre d'élèves intégrés dans une classe perturbe l'ensemble du groupe. «Quand dans une classe régulière un élève est couché par terre et lance des ciseaux, ça perturbe toute la classe et les jeunes viennent à vivre de l'insécurité. Et quand des plaintes sont faites aux directions, les profs se font dire d'agir autrement», dénonce M. Trempe.

Au moment de mettre sous presse, le Courrier Laval n'avait pu joindre la CSDL. Mme Houlfort confie toutefois qu'elle souhaite que la CSDL la contacte afin qu'elle puisse aller discuter des résultats de l'étude. «Sinon, c'est moi qui les contacterai, car il est primordial que les parties patronales et syndicales et les parents travaillent ensemble», assure la chercheuse.

En novembre, des enseignants des huit autres syndicats représentés par la Fédération autonome de l'enseignement recevront le questionnaire ayant servi à la recherche préparée par Mme Houlfort. «Les résultats auront un impact plus grand et ceci permettra de comparer les réalités urbaines et rurales», conclut-elle.

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