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Les Années Jeunesse: une véritable fontaine de jouvence musicale

par Carl Rodrigue
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Article mis en ligne le 22 juin 2008 à 9:03
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Les Années Jeunesse: une véritable fontaine de jouvence musicale
Les Années Jeunesse: une véritable fontaine de jouvence musicale
Passage obligé entre le succès des premières chansons de Félix Leclerc et les albums Charlebois et Forestier (Robert Charlebois) et Jaune (Jean-Pierre Ferland), l’époque des années jeunesse représente le réveil de toute une génération. Aussi tranquille soit-elle, cette génération allait entamer une révolution qui marquera le Québec à jamais. Créé par Gregory Charles et Joël Legendre, le spectacle Les Années Jeunesse ramène cette période à l’avant-plan. Et pour les baby-boomers dont l’assistance était composée en majorité, cette production n’est rien de moins qu’une véritable fontaine de jouvence.
Au-delà du talent des interprètes (et il est bien là!), du choix des chansons, de la direction musicale ou de la mise en scène, ce que l’on retiendra de ces premières représentations du spectacle Les Années Jeunesse c’est son potentiel. Et ça, on le devine en constatant à l’accueil réservé aux toutes premières chansons du spectacle «Bonjour, comment ça va?» (Pierre Lalonde et surtout «C’est fou, mais c’est tout» (Les Baronets). C’est ainsi qu’en une cinquantaine de chansons sélectionnées par les mélomanes que sont Gregory Charles et Joël Legendre, le public va effectuer un voyage dans le temps le transposant plus d’une quarantaine d’années en arrière.
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Évidemment, une revue musicale de cette ampleur ne se bâtit pas en un seul jour. Et ça, Gregory Charles est le premier à le dire, aussi bien au moment où il présente le spectacle à l’assistance, que par la suite, en entrevue: «Pour moi, en ce moment, nous en sommes encore aux avant-premières. On travaille à recréer l’époque à travers la musique, mais aussi à l’aide des chorégraphies, des costumes et des projections sur écran géant. Je pense que l'on est en train de construire quelque chose qui va rester.» On ne peut qu’être d’accord.
Certaines prestations sont déjà rodées. On pense par exemple au duo «Attends-moi, je reviens» (Tony roman et Nanette Workman), le triptyque «Natural Woman / Je Vais à Londres / C’est fini», «Les Boîtes à gogo» (Michèle Richard), «Avant de me dire adieu» (Les Classels), «Le Yaya» (Joël Denis) sans oublier la fameuse «Quand tu liras cette lettre » (Stéphane) qui a reçu des applaudissements nourris de la salle.

Le génie aura été de rassembler plusieurs de ces chansons sous une même thématique. C'est ainsi que l'on verra défiler les chansons à prénom et les chansons consacrées à la danse. Mentionnons à ce sujet la qualité de la direction musicale de Jean-Benoît Lasanté et le talent de ses cinq musiciens qui exécute ce répertoire à la perfection.

Bémol mineur, mais bémol quand même en ce qui a trait à la mise en scène, si l’on s’amuse de la plupart des apparitions de Charles Gaudreault dans ses différents rôles, certaines de ses interventions auraient peut-être avantage à être modifiées à la faveur d’entrevues factices comme celle accordée à Michèle Richard qui est un véritable régal.

Il n’en demeure pas moins que les principales critiques que l’on pourrait apporter aux chansons, n’ont absolument rien à voir avec le talent des interprètes ou des musiciens, mais bien avec le fait qu’il s’agisse en partie de reprises américaines ou françaises. À la décharge des «compositeurs» de l’époque, il faut avouer qu’au début de la Révolution Tranquille, le Québec accusait un énorme retard face à l’émergence du rock ‘n’ roll et à l’invasion britannique qui se déroulaient chez nos voisins du sud. Il nous fallait sans doute emprunter un raccourci.



Si le Québec avait accouché de toutes ces œuvres à lui seul, il y aurait de quoi être bigrement fier…



Reste qu’après la réception triomphale accordée à Elvis Story, un constat demeure : le spectacle Les Années Jeunesse est purement et simplement condamné au succès.



Et c’est avec honneur que les Lavallois se souviendront qu’il est né chez eux.
Les Années Jeunesse – un spectacle musical de Gregory Charles et Joël Legendre avec Joëlle Castonguay, Audrey Fréchette, Charles Gaudreault, Éric Lussier, Jason McNally, Stéphane Mercier, Alexandre Provencher, Julie Ringuette et Martin Robert.

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