Marc Déry et Boom Desjardins étaient en voix, en enchaînant les Pour un instant, Aujourd'hui, je dis bonjour à la vie, Cent mille raisons et Comme un fou.
(Photo: Martin Alarie)
PHOTO DIGITALE GregBigras
135 000 spectateurs pour Harmonium-L'Heptade
Gregory Charles aura à la fois gagné et perdu son pari lors de la présentation du spectacle Harmonium-L'Heptade le 23 juin au Centre de la nature. Si sur le plan artistique, l'opération a été un succès, le résultat s'est avéré beaucoup plus mitigé sur le plan populaire
Le risque était audacieux: présenter une œuvre faisant place à de nombreux interludes instrumentaux, avec des pièces aux rythmes plus planants qu'entraînants, en pleine veille de la fête nationale.
Tel que l'affirme Alain Trudel, maestro de l'Orchestre symphonique de Laval (OSL): «J'admire le cran de Gregory d'avoir choisi ce poème orchestral qu'est L'Heptade. C'est bon de retrouver l'une des grandes œuvres de notre patrimoine. À la fin, des musiciens sont venus me confier qu'ils venaient de vivre le concert de leur vie. Même dans les temps de silence, on chantait avec le monde.»
Dès son apparition sur scène, Gregory Charles nous a prévenus: «Nous sommes là pour entendre une musique de feu! L'Heptade dans un parc bien rempli, y'a 30 ans qu'on n'a pas fait ça», s'est-il exclamé.
Sur scène
L'hommage à Harmonium valait effectivement le détour pour qui aime le rock progressif des années 1970. Sur le plan musical, quelques pépins techniques n'ont pas terni la belle performance des artistes sur scène, et ce, bien que l'on regrette ces regards de chanteurs fixés au téléscripteur, les empêchant de mieux communiquer leur intensité au public. Des spectateurs déçus auront comparé le spectacle à un grand karaoké.
Impossible pourtant de nier que les pièces de l'album éponyme d'Harmonium, en première partie, sont des classiques; alors que les arrangements de Neil Chotem font de L'Heptade un chef-d'oeuvre. L'auditeur l'a constaté autant dans les envolées symphoniques livrées avec nuances par les musiciens de l'OSL, que dans la poésie de Serge Fiori, bien rendue notamment par des Marc Déry et Boom Desjardins en voix.
Mauvaise date, choix douteux
Dans la foule, les commentaires acerbes ont fusé constamment. Programmée pour souligner la Saint-Jean-Baptiste, cette musique manquait d'esprit festif, tel que l'a attesté ce flot continu de spectateurs, exprimant leur frustration en quittant le site, avant même que la première heure du spectacle soit complétée. Un spectacle de cette envergure aurait mérité un meilleur temps dans les neuf jours du Mondial Choral. Exemple: le spectacle de clôture.
D'autres remontrances se sont fait entendre parmi les 135 000 spectateurs, une évaluation du maître d'œuvre de l'événement. Avec autant de monde, où étaient les écrans géants des années passées? Et pourquoi seulement deux kiosques pour l'achat de boissons (une heure d'attente n'aide pas l'appréciation)?
Et pourtant
Ces désagréments ont nui à une initiative grandiose qui méritait mieux, car aucun doute n'est permis, l'événement a donné lieu à un grand moment musical. Un hommage somptueux à Harmonium et une façon de dire qu'à Laval, on fête autrement la fête nationale.
Le mot de la fin revient d'ailleurs à la poète lavalloise, Leslie Piché: «Deux jours après le concert, cette musique, que l'on n'entend plus nulle part, m'habite encore. J'ai connu le concert de la Fête des Voisins, et j'avoue avoir retrouvé la même allégresse qu'à l'époque. Gregory Charles a redonné à la nation une oeuvre puissante et fragile. Quand il y a plus que du pain et des jeux...»
Alain Blais
Commentaire mis en ligne le 17 juillet 2008Pour ma part, je pense que ce spectacle étais d,une beautée incroyable... presque trop ''rafiné'' pour être présenté à une masse populaire.
J'aurais juste une chose à dire à toutes l'équipe qui nous ont présenté ce spectacle... MERCI BEAUCOUP du fond du coeur.
Alain
Montréal