L'urgence de la Cité de la santé souffre du peu de places accordées par le plan régional d'effectifs médicaux.
(Photo: Martin Alarie)
Patience à l'urgence
Le manque de médecins jumelé à la période des vacances cause une situation plutôt précaire à l'urgence de la Cité de la santé de Laval, où les patients doivent plus que jamais faire preuve de patience.
Depuis le début de l'été, on compte en moyenne, à l'urgence, trois médecins de garde le jour, deux le soir, et un seul la nuit.
À l'administration du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval, on admet que la situation de cet été est particulière, même encore plus difficile qu'à pareille date, l'année dernière.
«Nous devons fonctionner avec des effectifs réduits tout en tentant d'assurer un service et, pour être franc, ça devient parfois complexe à gérer, confie Luc Lepage, directeur général du CSSS de Laval. Nous manquons de médecins, ce qui en oblige certains à fournir des disponibilités supplémentaires volontaires. On sent un certain essoufflement de l'équipe médicale.»
Répartition régionale
Selon Luc Lepage, certaines décisions prises au niveau du gouvernement n'ont pas amélioré l'état de la situation.
Il fait notamment allusion au recrutement de médecins omnipraticiens autorisé par région, en 2008, alors que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) accordait à Laval l'embauche de seulement trois nouveaux facturants, comparativement à 46 pour la région de Montréal-Centre.
Pis encore, deux des trois qui ont été octroyés à Laval se sont retrouvés en unité de médecine familiale, et ne prennent donc pas de nouveaux patients, ce qui ne contribue pas à désengorger l'urgence.
«Visiblement, le recrutement autorisé ne tenait pas compte de notre réalité, estime Luc Lepage. C'est inadéquat. Nous avons de plus en plus de besoins, mais pas plus de personnel pour y répondre.»
«La demande augmente, mais on prend du retard à chaque année. Au moins une quinzaine de médecins accepteraient de venir, mais ils ne peuvent pas», ajoute Françoix Marcil, chef au service des communications au CSSS de Laval.
«L'insatisfaction se fait sentir partout: dans les cliniques, dans les CHSLD, les hôpitaux. Les médecins parlent de quitter l'hospitalisation parce que la charge qui devrait être idéalement de 15 patients hospitalisés a été augmentée à 22 et est récemment passée à 28. Les médecins sont vraiment insatisfaits de la situation, et plusieurs parlent de quitter leurs fonctions», expliquait le directeur des affaires médicales à Laval, le Dr Marcel Fauconnier, dans l'édition du 23 mai dernier de l'Actualité médicale.
Obstétrique
Outre l'urgence, le département d'obstétrique de la Cité de la santé connaît lui aussi sa part d'ennuis.
Le nombre de femmes qui y passent quotidiennement est à ce point élevé, que le salon de départ des patientes a été installé dans une salle de réunion, cette semaine et vraisemblablement pour le reste de l'été.
«On vit une certaine crise, admet Luc Lepage. On est un peu victime de notre succès. Quand d'autres établissements refusent des cas parce qu'ils n'ont plus de place, ils nous les réfèrent. Et nous, on ne refuse personne.»
À un moment, ce mardi, on pouvait d'ailleurs compter plus de vingt bébés dans la pouponnière.
Au Québec, dans la dernière année, 5 % des nouveaux nés ont vu le jour à la Cité de la santé.
Les patientes sont non seulement très nombreuses, mais le département connaît aussi un manque important d'infirmières.
«Nous n'avons eu d'autre choix que de recourir aux agences d'infirmières et, en dernier recours, au temps supplémentaire obligatoire. Ce ne sont pas des solutions que nous avons l'habitude de privilégier.»
«On gère la situation au jour le jour, mais on ne pourra pas continuer comme ça en permanence. Les régions qui nous envoient des patientes devront éventuellement en faire plus.»
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(Photo: Martin Alarie)