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Courrier Laval
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Intervention inappropriée et analyse inexacte

La CSST émet son rapport sur la mort de Valérie Gignac

par Hugo Morissette
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Article mis en ligne le 16 juillet 2008 à 16:21
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Intervention inappropriée et analyse inexacte
La CSST a ciblé deux causes à la mort de la policière Valérie Gignac, décédée lors d'une opération chez François Pépin. (Photo: Martin Alarie)
Intervention inappropriée et analyse inexacte
La CSST émet son rapport sur la mort de Valérie Gignac
Une technique d'intervention inappropriée jumelée à une analyse inexacte de la situation seraient vraisemblablement à l'origine de la mort de l'agente Valérie Gignac.
C'est ce qui ressort de l'enquête menée par la Commission de la santé et la sécurité du travail (CSST), dans l'affaire de cette policière lavalloise décédée le 14 décembre 2005.

Ce jour-là, Mme Gignac et son collègue répondaient à un appel pour une personne en colère, François Pépin, qui faisait du grabuge dans son logement.

Arrivés sur place, les deux policiers ont cogné à la porte de l'individu, se sont identifiés, et lui ont demandé d'ouvrir sa porte.

Devant son refus, Valérie Gignac lui a alors fait savoir qu'elle défoncerait sa porte s'il n'ouvrait pas, et François Pépin lui a alors répondu de s'en aller.

La policière s'est donc placée devant la porte et a vainement tenté de défoncer, en assenant un coup de pied sous la poignée.

C'est en reposant son pied au sol que deux coups de feu ont traversé la porte, dont un qui l'a atteint mortellement.
Technique d'intervention
Selon le rapport de la CSST, rien ne démontrait l'urgence d'entrer dans l'appartement, puisqu'il n'y avait aucun signe qu'une personne était en danger à l'intérieur.
Au contraire, puisque la communication était déjà établie, celle-ci aurait dû être maintenue pour l'amener à ouvrir sa porte de lui-même.

«La technique appliquée, soit l'ouverture forcée, n'était pas la technique à utiliser dans le présent cas et était donc inappropriée», peut-on lire.

«N'ayant jamais reçu de formation pour forcer l'ouverture de porte, les patrouilleurs qui doivent le faire dans le cours de leurs activités de travail utilisent des façons de faire avec lesquelles ils pensent réussir à en forcer l'ouverture. Ils improvisent donc chacun à leur façon.»
Analyse inexacte
Toujours selon le rapport, aucun fait ne laissait présumer la présence d'une personne en danger dans l'appartement, ce qui démontre que l'analyse des policiers était inexacte.
Par le passé, les mêmes patrouilleurs avaient mis le même individu en arrestation, après avoir longuement négocié avec lui avant qu'il ouvre finalement sa porte.

Forts de cette expérience, les deux policiers auraient dû opter pour cette même méthode, puisque l'individu était seul, à l'intérieur.

Les deux causes principales étant déterminées, la CSST a exigé de la Direction des opérations policières de Laval qu'elle forme tous ses policiers sur le processus méthodique d'intervention et sur la méthode et les techniques d'ouverture forcée des portes.

«Après l'incident de Valérie Gignac, nos policiers ont tous reçu cette formation, explique Daniel Guérin, de la police de Laval. Elle leur a permis d'expérimenter toutes les techniques possibles.»

L'École nationale de police du Québec et le ministère de la Sécurité publique du Québec ont également été informés des conclusions de cette enquête, pour que des mesures concrètes soient prises.

Rappelons que François Pépin a plaidé coupable, en mai dernier, à des accusations de meurtre non prémédité, qui lui vaudront douze ans d'emprisonnement.

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