Le garage municipal de Laval: une mer d'asphalte où la chaleur est particulièrement élevée en été. Un chercheur propose différents aménagements de végétaux pour pallier le problème.
(Photo: Martin Alarie)
PHOTO: PLANTES GRIMPANTES
Un peu de vert, SVP!
Laval prépare un plan de lutte contre les îlots de chaleur
Le garage municipal de Laval, dans le parc industriel, est l'exemple type d'un site urbain dominé par l'asphalte, où la verdure est minimale. Résultat: il fait beaucoup plus chaud à cet endroit que dans une zone boisée. Des solutions simples, proposées par un chercheur de l'Institut de recherche en biologie végétale, font leur chemin à Laval.
Les interventions suggérées par le biologiste Yann Vergriete sont facilement réalisables: faire grimper des plantes le long des murs, planter des arbres autour des bâtiments, introduire des revêtements de sol perméables, multiplier les aires gazonnées.
Le chercheur remplace les toitures actuelles par des membranes réfléchissantes ou par des toits verts. Il propose notamment le toit vert ultra léger, fait de boîtes d'œufs recouvertes de trois à cinq centimètres de matière organique: une version économique de la toiture végétale, qui ne requiert par le renforcement du toit existant, explique-t-il.
La simulation de M. Vergriete transforme passablement le complexe de la rue Cunard, à Laval, qui comprend le garage municipal. Le Service de l'environnement de la Ville, qui loge également à cette adresse, prépare un «plan de match» inspiré des recommandations de Yann Vergriete, affirme Andrée Gaulin, responsable des communications à l'Hôtel de Ville. Ce plan, qui sera dévoilé en septembre, pourrait s'appliquer à plus d'un bâtiment municipal.
Décontaminants naturels
Le rapport du biologiste, réalisé dans le cadre d'une étude sur l'évolution des îlots de chaleur dans la grande région de Montréal, pilotée par le Conseil régional de l'environnement de Laval, vise autant à contrer la chaleur que le ruissellement de l'eau de pluie.
Plus un site est envahi par le béton, l'asphalte et le ciment, plus le sol est imperméable. C'est ce qu'on appelle la «minéralisation» du sol. Cette grisaille induit des températures de 5 à 10 degrés de plus que dans les secteurs avoisinants. Ces îlots de chaleur sont perceptibles sur des photographies satellitaires.
La minéralisation entraîne en outre le ruissellement de l'eau de pluie, qui ne peut être absorbée efficacement dans une mer d'asphalte. Lors de pluies fortes, de plus en plus fréquentes avec le réchauffement climatique, le ruissellement augmente de façon exponentielle, expliquait M. Vergriete, lors d'une présentation publique de son rapport à Montréal, en février.
Les végétaux peuvent absorber cette eau et en ralentir le ruissellement vers les égouts pluviaux surchargés. Les arbres sont responsables de 21 % de l'interception d'eau annuellement sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, évalue le chercheur. En prime, «plus l'infiltration se fait lentement, plus le risque de contamination est faible».
Sur le site du garage municipal, «la présence et la circulation des véhicules engendrent un risque de contamination des nappes phréatiques, par les hydrocarbures notamment. Toutefois, les hydrocarbures peuvent être relativement bien biodégradés par les micro-organismes se trouvant dans les milieux végétalisés», explique Yann Vergriete dans son rapport.
Combien ça coûte?
L'étude de Yann Vergriete ne comprend aucune évaluation de coût. La question était pourtant sur les lèvres des administrateurs municipaux de la région de Montréal qui ont assisté en grand nombre aux présentations publiques de l'étude, cet hiver.
«Quand on développe, est-ce qu'on demande d'associer des coûts à la perte de biodiversité et à la santé?» demandait le directeur du CRE de Laval, Guy Garand, en guise de réponse.
On peut consulter l'étude réalisée par le CRE de Laval, en partenariat avec l'UQÀM, l'Institut de recherche en biologie végétale et l'Université de Montréal (Étude des biotopes urbains et périurbains de la CMM) au:
www.cmm.qc.ca