Un itinéraire sur voies cyclables est toujours préférable, mais en leur absence, mieux vaut emprunter les rues résidentielles que les grandes artères.
(Photo: Marc-André Ménard)
Du point A au point B
Le vélo utilitaire, toutes saisons
L'organisme Vélo 4 Saisons ne se positionne pas contre la voiture, ni contre le cyclisme de loisir. Il prône simplement une vision pratique de la bicyclette, qu'il voit comme un moyen d'aller du point A au point B.
Converti au vélo-boulot depuis quatre ans, M. Sarrasin franchit plusieurs fois par semaine les 32 kilomètres qui séparent son domicile à son travail. Depuis trois ans, il quitte sa maison de Bois-des-Filion en direction de la rue Hochelaga, à Montréal, été comme hiver.
Il a tout simplement pris conscience, à 50 ans, que son vélo pouvait lui servir de mode de transport. «J'ai réalisé à quel point c'est confortable. Et pour faire de l'urbain, c'est mieux que l'auto, qui doit s'arrêter à tous les <@Ri>stop<@$>.»
Ses nouvelles habitudes ont vite fait de s'articuler autour de trois principes, qui sont devenus l'épine dorsale de Vélo 4 Saisons (V4S), l'organisme qu'il a fondé, consacré à la promotion du cyclisme utilitaire sur les territoires de Laval et de la Couronne nord: efficacité, ergonomie et sécurité.
Efficacité et confort.
L'efficacité, pour franchir la distance entre un point de départ et un point d'arrivée le plus rapidement possible. Mais aussi pour éviter certaines aberrations, comme le fait de s'équiper comme un marathonien alors qu'on se dirige vers le boulot. «Si ça prend 15 minutes pour s'habiller et se déshabiller une fois au bureau et qu'on risque de se faire voler une bicyclette de 3000 $, c'est contre le cyclisme utilitaire», illustre Roger Sarrasin.
Côté ergonomie, «si, après une heure, on a mal aux poignets et au dos, on peut s'acheter un vélo à position allongée». Pas nécessaire de dépenser une fortune, insiste l'adepte du transport actif.
«On peut trouver un vélo usagé potable pour 50 $.» Pour moins de 500 $, il est possible de convertir une bécane traditionnelle en version allongée, grâce à un ensemble vendu sur Internet, note M. Sarrasin. «Ça transforme un vélo ordinaire en vraie Cadillac!»
Sécurité
L'efficacité et le confort ne garantissent à quiconque de se rendre à destination sain et sauf. Il faut parfois renoncer à quelques minutes gagnées en passant par un itinéraire casse-cou, sur les grandes artères. Là où les voies cyclables se font rares, mieux vaut emprunter les rues résidentielles, dépourvues de circulation.
Quoi que le président de V4S prône un investissement modeste avant de se lancer sur la route sur deux roues, un équipement adéquat évite des situations fâcheuses, voire dangereuses. «Quand t'as l'équipement qu'il faut, tu n'as pas de crevaison», donne-t-il en exemple. Le pneu à bande protectrice, ou la chambre à air triple sont des exemples d'antidote contre le pneu à plat.
Que la sécurité, le confort ou l'efficacité soit en jeu, certains équipements haute-performance ne sont pas inutiles, souligne le cycliste. Un exemple: la barre de triathlon, qui permet de changer la position des bras. «C'est plus efficace contre le vent, et ça permet de reposer les poignets, les reins et le cou.» Pour une quarantaine de dollars, on peut s'en procurer une version en aluminium.
Pour tous
Le cyclisme utilitaire peut prendre diverses formes. Courses, rendez-vous, déplacements quotidiens peuvent tous être convertis aux deux roues. Les plus aventureux iront jusqu'à adopter le vélo pour se rendre au travail. La forme physique n'est pas forcément un obstacle, observe Roger Sarrasin. «Ça prend un minimum, mais on la développe. On ne fait pas du cyclisme de course!» Avec le temps, on finit par trouver le meilleur trajet et les trucs du «métier».
V4S a d'ailleurs vu le jour afin de faciliter la vie aux nouveaux convertis. «On passe l'info pour que les gens découvrent les trucs, les chemins, les moyens de raccourcir leur temps de trajet et d'améliorer leur sécurité…»
Il faut toutefois être réaliste, prévient-il. «Pour les grands trajets, on exclut ça. Dans certains cas, les infrastructures ne le permettent pas. Quand tu commences à taper le 20 à 25 kilomètres [du point de départ à la destination], si c'est pas trop convivial, ça commence à être beaucoup.»
PHOTO: CYCLISME UTILITAIRE
(Photo: Marc-André Ménard)
Information et inscription (gratuite) à V4S: roger.sarrasin@sympatico.ca