Normand de Montigny, directeur général du CQIB.
(Photo: Martin Alarie)
Le CQIB commercialise son savoir-faire à l'étranger
Un incubateur bioalimentaire de Monterey au Mexique calque le modèle lavallois
Le Centre québécois d'innovation en biotechnologie (CQIB) est à exploiter un nouveau filon qui lui permettra d'éponger en partie le manque à gagner de 400 000 $ qui résultera du retrait complet, dès 2010, du gouvernement Harper en matière de financement public.
À l'instar de l'industrie du franchisage, le CQIB commercialise depuis peu son savoir-faire à l'échelle internationale. C'est dans cette foulée qu'un premier accord de principe était conclu au printemps dernier à Monterey, au Mexique, au profit du démarrage d'un incubateur bioalimentaire dans le parc technologique de l'endroit. Cette entente contractuelle entre en vigueur cet automne. «Une façon de valoriser toute l'expertise qu'on a développée ici et de générer de nouvelles sources de revenus», explique le directeur général du CQIB, Normand de Montigny.
Un gros marché
C'est un marché très intéressant et en pleine croissance, affirme-t-il.
«Même les pays de l'Europe de l'Est prennent le virage», citant au passage le Kazakhstan et le Montenegro qui sont à démarrer un incubateur.
Idem en Afrique où l'industrie bioalimentaire, avec celle des technologies de l'information, se trouve au coeur des incubateurs d'entreprises qui poussent ici et là.
Pour le grand patron du CQIB, le secteur bioalimentaire est un proche parent de son propre secteur d'activité que sont les sciences de la vie. «Nous avons accompagné à ce jour et vu graduer cinq entreprises en nutraceutique», ne manque pas de rappeler M. de Montigny qui a lui-même oeuvré plus d'une dizaine d'années dans l'industrie bioalimentaire avant d'accéder la direction du CQIB.
Le principal intéressé entend d'ailleurs tirer pleinement avantage du fait que des incubateurs d'entreprises démarrent aux quatre coins de la planète, pour vendre sa recette à tous ces développeurs qui veulent s'inspirer des meilleures pratiques d'affaires. Il estime que d'ici trois ans, ce volet générera, pour le CQIB, des revenus annuels dans les six chiffres.
Recette éprouvée
Dûment éprouvée s'il en est une, la recette du CQIB a été sans cesse bonifiée au cours des 13 dernières années, soit depuis sa création en 1995.
Déjà en 2002, la National Business Incubation Association (NBIA) lui décernait le Randall M. Waley Incubator of the Year, ce qui faisait du CQIB l'incubateur d'entreprises par excellence, tous secteurs d'activité confondus, parmi plus d'un millier de ces pépinières d'affaires réparties à travers 59 pays dans le monde.
Depuis 2002, le CQIB a réussi à maintenir une progression annuelle moyenne de 23 % de ses revenus autogénérés pour consolider la meilleure santé financière de tous les incubateurs d'entreprises au Canada avec un taux d'autofinancement approchant les 60 %. Un exploit d'autant plus remarquable que le capital de risque s'est sérieusement raréfié au cours des dernières années, notamment au grand dam de l'industrie des sciences de la vie.
Visite en Chine
La Chine et le Chili pourraient éventuellement emboîter le pas au Mexique et s'en remettre au savoir-faire du CQIB pour assurer un développement en mode accéléré de leur incubateur.
Le président du CQIB Jacques Gagné et son directeur général seront d'ailleurs de passage en Chine, en novembre prochain, pour y rencontrer les dirigeants de BioBay, un incubateur d'entreprises dans les sciences de la vie implanté au cœur de l'immense parc industriel et scientifique Suzhou, près de Shanghai. Le périple coïncidera avec le premier anniversaire d'un accord-cadre de partenariat entre les deux incubateurs.
Quant au Chili, Normand de Montigny y était invité récemment pour prononcer une conférence sur le rôle que joue un incubateur dans le développement de start-up universitaire.
La prestation de services qu'offre aujourd'hui le CQIB à l'échelle internationale prend la forme d'un menu à la carte, en vertu duquel un client peut opter pour une implantation mur à mur ou encore pour seulement certaines procédures parmi les neuf grandes familles de services qui ont fait la réussite et la réputation de ce modèle d'affaires, dont tous reconnaissent la valeur.