Jean-François Rousselle, de la police de Laval, a dû mettre ses aptitudes de nageur à l'épreuve, dans la nuit de mardi à mercredi.
(Photo: Martin Alarie)
Il la sauve des eaux
Une conductrice a plongé avec sa voiture dans la rivière des Prairies
L'agent Jean-François Rousselle n'a pas hésité un seul instant avant de braver le fort courant de la rivière des Prairies, mercredi matin, alors qu'une dame dans la quarantaine venait de tenter de mettre fin à ses jours.
C'est à 2h30 du matin que l'agent Rousselle et son partenaire, qui se trouvaient à l'intersection de la rue Ampère et du boulevard de la Concorde, à Laval-des-Rapides, ont reçu un appel concernant une dame en détresse dans la rivière des Prairies.
La dame en question, qui était dépressive, venait tout juste d'attenter à sa vie en plongeant sa voiture dans les eaux de la rivière.
«À notre arrivée, nous sommes allés rencontrer les citoyens qui avaient contacté le 9-1-1, racontait hier Jean-François Rousselle, quelques heures après son acte héroïque. Ils nous ont indiqué que la conductrice s'était servie de la descente de bateaux pour lancer sa voiture dans la rivière. Nous sommes allés voir, mais puisqu'il faisait très noir, on ne voyait pratiquement rien.»
Bulles
C'est quelques instants plus tard, en cherchant un indice du regard à l'aide de sa lampe de poche, que le policier a finalement aperçu un amoncellement de bulles, à une trentaine de mètre du quai sur lequel il se trouvait.
«En voyant ces bulles, j'étais convaincu d'avoir localisé la voiture, se rappelle-t-il. Je me suis alors débarrassé de mon équipement et j'ai plongé dans la rivière pour nager jusqu'au véhicule.»
Au moment même où il arrivait sur place, la conductrice, qui avait réussi à sortir de sa voiture, remontait à la surface.
«J'ai tenté de discuter avec elle. Je me suis présenté, et elle m'a confirmé qu'elle était seule à bord et qu'elle n'était pas blessée. Elle était plutôt avare de commentaire car elle semblait sous le choc. Je lui ai expliqué que je devais l'agripper et la ramener jusqu'au bord. Elle m'a laissé l'aider, et j'ai réussi à me rendre jusqu'à la terre ferme.»
Même si la conductrice s'est sortie elle-même de sa voiture, reste que l'agent Jean-François Rousselle lui a probablement sauvé la vie.
«Avec le courant qu'il y avait dans la rivière, il faut être un bon nageur et être très en forme pour s'en sortir, lance-t-il. D'ailleurs, après cette d'opération qui a duré environ cinq minutes, j'étais vraiment épuisé.»
La femme a aussitôt été transportée par ambulance à l'hôpital de la Cité de la santé, pour une évaluation psychiatrique.
«Je crois qu'elle a des soins à recevoir, pour le moment, mais j'aimerais bien la rencontrer à nouveau, lorsqu'elle ira mieux», admet le policier, qui a raconté son histoire à plusieurs médias, dans les heures suivant son intervention.