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Gill voulait commémorer la tuerie de Columbine

Près de deux ans après la fusillade, le rapport du coroner est rendu public

par Hugo Morissette
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Article mis en ligne le 5 septembre 2008 à 18:02
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Gill voulait commémorer la tuerie de Columbine
Kimveer Gill était un être malheureux et dépressif, lorsqu'il a commis son geste au Collège Dawson. (Photo: Martin Alarie)
Gill voulait commémorer la tuerie de Columbine
Près de deux ans après la fusillade, le rapport du coroner est rendu public
Initialement, le geste fou du Lavallois Kimveer Gill à l'endroit des étudiants du Collège Dawson devait se faire le 20 avril 2006, pour commémorer la tuerie de Columbine.
Gill était toutefois en attente d'un pistolet de marque Bull qu'il avait commandé, quelques semaines plus tôt. L'arme n'ayant toujours pas été reçue, il a décidé de repousser son offensive.

C'est l'une des nouvelles informations qui ressortent du rapport du coroner Jacques Ramsay, rendu public cette semaine.

Plus loin, on apprend que «le 26 août, ayant renoncé au pistolet, il écrit [sur son site personnel] qu'il est pratiquement prêt. Il ne lui reste qu'à se procurer un peu plus de munitions.»

Gill trouvait également qu'il était très difficile d'organiser sa tuerie sans se faire prendre par les membres de sa famille. «Il lui faut constamment cacher son matériel et ses écrits des regards curieux», peut-on lire.

Il va même jusqu'à écrire que si ses parents s'avisaient de gêner la réalisation de ses plans, il était prêt à les tuer.

Le matin de la tuerie, le 13 septembre 2006, il était assoupi dans sa chambre lorsque sa mère a quitté le domicile familial.

C'est à son retour qu'elle a constaté qu'il n'était plus dans sa chambre, que sa voiture n'était plus dans la cour (même si son permis de conduire avait été suspendu quelques mois plus tôt) et que son arme avait disparu.

Quelques minutes plus tard, c'est l'appel d'un journaliste qui a permis à sa mère et sa famille d'apprendre que Kimveer était l'auteur de la fusillade de Dawson.
Alcoolique
Considéré comme un jeune homme en bonne condition physique, Kimveer Gill souffrait de problèmes d'alcoolisme depuis l'âge de 18 ans.
Il variait entre deux et sept consommations par jour, question de l'aider avec son anxiété constante.

Le rapport du coroner le décrit comme une personne hypersensible, très introvertie, et qui s'isole facilement.

En mars 2004, il avait d'ailleurs consulté un CLSC près de chez lui pour une humeur dépressive et des idées suicidaires. Il songeait même à se jeter devant un camion.

Après quelques rencontres avec un médecin, celui-ci en est venu à la conclusion que l'anxiété de Gill était causée par l'alcool, et qu'il devrait entrer en contact avec le Centre Le Maillon, situé sur le boulevard Cartier, à Laval, une recommandation qui a été négligée par le jeune homme.

Selon sa famille, Kimveer Gill a vécu de façon récluse au cours des sept ou huit derniers mois de son existence, passant le plus clair de ses soirées et ses nuits devant l'ordinateur, seul dans sa chambre avec la porte fermée.

«Il ne parle pratiquement plus à ses frères ou ses parents et a complètement cessé de fréquenter ses amis, indique le rapport du coroner. Malgré tout, il n'a pas de chicane avec personne. Il est par contre très triste. Son frère ne se souvient pas de la dernière fois qu'il a paru joyeux.»

Après que Gill se soit donné la mort, le 13 septembre 2006, les analyses post-mortem ont montré un taux d'alcool dans le sang de 76 mg/dL. Outre l'alcool, le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale n'a trouvé aucune trace de drogue.

Le rapport du coroner a aussi permis d'envoyer une série de recommandations à l'endroit de plusieurs instances, dont le Contrôleur des armes à feu du Québec, le Commissaire aux armes à feu du Canada, le ministre de la Sécurité publique, le Service de police de Ville de Montréal, ainsi qu'aux écoles, cégeps et universités du Québec.

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Sonia terrien

Commentaire mis en ligne le 4 octobre 2008
Une perspective de la violence à l'école


Collège Dawson: une autre tuerie mettant en cause un médicament psychiatrique?


Que se cache-t-il derrière la violence et l’agressivité insensées qui ont mené Kimveer Gill à tuer ou blesser une vingtaine d’innocentes victimes la semaine dernière au Collège Dawson puis à retourner l'arme contre lui ?

On sait maintenant que Gill avait été traité quelques temps auparavant pour une dépression pour laquelle, très probablement, des médicaments psychiatriques avaient été prescrits. Alors que ces médicaments sont présentés comme étant une « aide bénéfique et nécessaire», la réalité est bien différente. A preuve les nombreuses mises en garde d’agences de santé internationales au sujet des effets secondaires potentiels de ces substances : hallucinations, agressivité et violence insensées, idéation et impulsions suicidaires. A preuve l’avalanche de résultats de recherche qui démontrent que ces substances ne sont pas plus efficaces qu’un placebo. A preuve le fait que 8 des 13 dernières tueries dans les écoles ont été commises par des personnes sous l’influence de médicaments psychiatriques, ou en sevrage de ceux-ci, au moment de la tuerie.
La question essentielle à laquelle les autorités judiciaires mondiale devront répondre est : Kimveer Gill était-il sous l’influence de médicaments psychotropes (ou en sevrage de ceux-ci), connus pour causer des épisodes de violence extrême, au moment de poser son geste?

Michel Trahan

Commentaire mis en ligne le 8 septembre 2008
C’est quand même triste qu’après les tueries de Kimveer Gill, Marc Lépine et Valery Facrikant... le gouvernement veut toujours investir dans plus de paperasse.

Ne serait-il pas mieux d’investir le temps et argent disponible dans des programmes qui pourraient avoir un impact positif dans la vie d’une personne déranger?

Aider une personne dépressive peut sauver un vie, un certificat d’enregistrement d’arme à feu... non.

Aider une personne à dealer avec son agressivité peut sauver une vie, demandé à un tireur sportif de suivre au autre cour de manutention... non

Aider une personne à contrôler son agressivité peut sauver une vie, imposé au tireur sportif de signer au autre registre de présence... non.

Espérons que les élections apporteront les changements nécessaires, car ignorer la source du problème ne la fera pas disparaitre.

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