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NE SOYEZ PAS INGRATS!

Article mis en ligne le 19 septembre 2008 à 10:41
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NE SOYEZ PAS INGRATS!
« Donner, c’est donner et reprendre, c’est voler », est-ce bien vrai? Pas toujours.
En effet, celui qui serait tenté de servir cet argument à son donateur avec qui il aura été ingrat aura intérêt à considérer l’article 1836 du Code civil du Québec qui se lit comme suit :

« Toute donation entre vifs peut être révoquée pour cause d’ingratitude. »
Évidemment, il faut plus que la preuve d’un caprice ou d’un événement anodin pour faire révoquer une donation. La révocation d’une donation pour cause d’ingratitude a un caractère pénal et c’est la Loi qui le décrète, pas le donateur.
Par contre, celui qui a reçu une donation ne peut par la suite agir à l’encontre de son donateur d’une manière « hautement répréhensible » sans s’exposer à la révocation de la donation par un tribunal.
Mais qu’est-ce qu’un comportement « gravement répréhensible » ?
Il existe peu de décisions de nos Tribunaux sur cette question. Un survol de celles existantes nous permet toutefois d’en tirer les exemples suivants :

1. Causer des sévices physiques au donateur;

2. Faire preuve de cruauté mentale grave à l’égard du donateur;

3. Commettre l’adultère à l’encontre du donateur et abandonner sa famille;

4. Attenter à la vie du donateur;

5. Proférer des injures graves envers le donateur ou même envers un membre de sa famille proche, telle sa fille;

6. Causer des dommages sérieux à des biens appartenant au donateur.
Dans l’appréciation du droit ou non à la révocation de la donation entre vifs, les tribunaux considéreront, entre autres, la nature de la donation, son importance eu égard à la fortune personnelle du donateur et les circonstances de la donation propres à chaque cas. Il faut noter que le recours en révocation de donation doit être intenté dans l’année qui suit la connaissance de l’ingratitude ou du décès du donateur.
Souvenons-nous d’être reconnaissants à ceux qui donnent et surtout prenons plaisir à donner!

– Me Me Lucie Boiteau, Avocate

Alepin Gauthier, avocats, s.e.n.c.
Cette chronique contient de l'information juridique d'ordre général et ne devrait pas remplacer un conseil juridique auprès d'un avocat qui tiendra compte des particularités de votre situation.
Nous vous invitons à nous faire part de vos questions par courrier électronique à droitlaval@transcontinental.ca.

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