Serge Ménard, Nicole Demers, Mohamedali Jetha et Robert Carrier ont été virulents à l'endroit des conservateurs qui, selon eux, mènent au Québec une campagne électorale basée sur le dénigrement du Bloc québécois.
(Photo: Martin Alarie)
Campagne «démagogique» et «mensongère»
Les candidats bloquistes de Laval n'apprécient pas la campagne des conservateurs
À l'instar des conservateurs à leur endroit, les candidats bloquistes des quatre circonscriptions lavalloises s'en sont pris au parti de Stephen Harper, mardi, qualifiant sa campagne électorale au Québec de «démagogique» et de «mensongère».
S'ils affirment tous ouvertement ne pas craindre une éventuelle percée des conservateurs dans leur comté respectif, les candidats bloquistes de Laval ont jugé bon, cette semaine, de faire le point sur certaines affirmations de leurs principaux rivaux.
«Il semble que c'est le Parti conservateur qui formera le prochain gouvernement, mais beaucoup de citoyens ont peur qu'il soit majoritaire, lance d'abord Serge Ménard, qui défend son titre de député dans Marc-Aurèle Fortin. On peut facilement comprendre ces craintes, puisque le gouvernement Harper, c'est celui des pétrolières, lui qui continue de subventionner cette industrie par des avantages fiscaux. On est encore bien loin de Kyoto. À chaque année, les Canadiens leur donnent environ l'équivalent de ce qui serait nécessaire pour construire deux super-hôpitaux.»
Serge Ménard déplore également que même s'il a été très gravement touché par les crises forestière et manufacturière, le Québec a reçu onze fois moins d'argent par emploi perdu dans ces secteurs que l'Alberta.
Pertinence du Bloc
Depuis le début de leur campagne, les conservateurs ont concentré beaucoup d'énergie, du moins au Québec, au dénigrement du rôle du Bloc québécois à Ottawa, un parti qui, martèlent-ils, est condamné à l'éternelle opposition.
Pour Nicole Demers, candidate dans la circonscription de Laval, cette attitude ne fait que révéler la position de Stephen Harper face à la démocratie.
«Les conservateurs n'en veulent pas, de démocratie, lance-t-elle. Bien sûr, sans opposition, ils n'auraient pas à rendre de compte à personne. Tout ce qu'ils font, c'est rejeter les propositions du Bloc. Qu'ils agissent, au lieu de dénigrer ceux qui défendent les intérêts du Québec.»
Justifiant l'importance de la présence du Bloc québécois aux Communes, Robert Carrier, candidat dans Alfred-Pellan, est revenu sur la question du déséquilibre fiscal, qui, affirme-t-il, avait été identifié et nommé comme tel par le Bloc. «Même s'il n'est pas encore réglé, le dossier ne progresserait pas, si ce n'était de nous», estime-t-il.
Le nouveau candidat dans Laval-Les Îles, Mohamedali Jetha, a quant à lui suggéré aux conservateurs de se préoccuper davantage des vrais enjeux qui importent pour le Québec, dont le logement social, la condition féminine et le supplément de revenu garanti.
Comme leur chef Gilles Duceppe l'a répété à maintes reprises depuis le début de sa campagne, les candidats des circonscriptions lavalloises ont eux aussi mentionné que le Bloc québécois est le seul parti à pouvoir empêcher les conservateurs de devenir majoritaires à Ottawa.
Carbone neutre
Par ailleurs, les candidats bloquistes ont profité du point de presse de mardi pour annoncer leur intention de prendre part au programme «Plantez de l'air pur», de l'organisme Arbres Canada.
Ils s'engagent ainsi à compenser leurs déplacements en plantant suffisamment d'arbres, après leur campagne, pour absorber la quantité de carbone qu'ils émettront.