Les membres de la brigade verte de l'école secondaire l'Envol ont fait la démonstration, lundi, de la procédure suivie pour la récupération des piles à leur école.
(Photo: Maya)
Les vieilles piles prennent le chemin de l'école
Entre les deux collectes annuelles de résidus domestiques dangereux à Laval, bon nombre de citoyens peuvent désormais confier le recyclage de leurs piles usagées à la brigade verte de l'école de leur enfant.
L'initiative est décrite, par ses initiateurs, comme «le plus important projet de récupération de piles en milieu scolaire au Québec». Lancée par la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Laval, elle touche les 45 écoles de la Commission scolaire de Laval qui adhèrent au programme AVEC (Avenir viable école communauté). La Commission scolaire compte 66 établissements secondaires et primaires.
Jeunes impliqués
«Le projet est né de l'idée de recycler les piles de façon artisanale», explique Roger La Roche, agent de développement, Développement durable et écocitoyenneté, à la CRÉ de Laval.
Le terme «artisanal» décrit bien le parcours communautaire suivi par la pile usagée, de la maison à l'élève, de l'élève à la brigade verte de l'école composée aussi de jeunes jusqu'à l'entreprise de recyclage.
Dans la chaîne, le jeune est impliqué. Il s'agit d'un élément crucial de la mise en pratique de l'initiative, selon l'esprit du programme AVEC, dans le cadre duquel s'inscrit le projet de récupération de piles.
Concrètement, les piles sont transportées de façon sécuritaire de la maison à l'école dans un petit collecteur individuel. Elles sont ensuite transférées dans le collecteur principal de l'école. Les deux équipements «résistent à la chaleur et à l'acide des piles», explique Roger La Roche.
Chaque école participante dispose d'un collecteur central et de quelques collecteurs individuels. «On en donne un petit nombre, pour favoriser la gestion, par la brigade verte», mentionne M. La Roche, ex-professeur de gestion environnementale au cégep de Rosemont.
Recyclées, pas enfouies
Les piles entreposées temporairement à l'école sont recueillies deux fois l'an par La Boîte jaune, une jeune entreprise spécialisée dans la collecte de résidus domestiques dangereux (RDD) auprès de particuliers, d'entreprises et d'écoles. Mis à part les établissements lavallois, la Boîte jaune compte une dizaine d'écoles, à Montréal et Châteauguay, parmi ses clients.
Le maigre 2 % de piles récupérées annuellement au Canada sont principalement envoyées à l'incinérateur ou sont enfouies de façon sécuritaire. Par exemple, le métal des piles rechargeables recueillies à l'hôtel de ville, lors de la collecte de RDD, est recyclé. Les piles non rechargeables, quant à elles, sont enfouies de façon sécuritaire.
À la Boîte jaune, on vise une valorisation allant jusqu'à 90 % des métaux contenus dans toutes les piles. L'entreprise est sur le point de conclure une entente avec une firme européenne, qui utilise la pyrométallurgie pour extraire les métaux des piles usagées, indique Christiane Royet, de la Boîte Jaune.
Le produit de l'extraction est ensuite transformé en alliages revendus sur le marché des matières premières. Les métaux ainsi recyclés servent à fabriquer de nouvelles piles ou d'autres produits industriels. Pour l'instant, les piles sont stockées. «Pas une seule pile n'est enfouie», assure Mme Royet.
PPP
Lors du coup d'envoi officiel du projet, lundi dernier, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a qualifié l'initiative de «petit PPP [Partenariat public-privé]». Du côté des partenaires privés, la firme sherbrookoise Nova Envirocom a conçu les collecteurs de piles. Elle fournit gracieusement 1000 petits récupérateurs et offre une contribution financière de 25 000 $.
La formation aux écoles et aux jeunes sera dispensées par l'Association québécoise pour la promotion de l'éducation relative à l'environnement. Le Forum Jeunesse Laval alloue quant à elle 20 000 $ à l'achat des grands collecteurs et au service de collecte et de recyclage des piles.
> Piles toxiques
Au Québec, on récupérait, en 2006:
> 5,6 % des piles non rechargeables
> 6 % des piles rechargeables
On enfouit annuellement:
> 766 tonnes de plomb
> 0,4 tonne de mercure
> 235 tonnes de cadmium
> 387 tonnes de nickel
> 1674 tonnes de zinc