Caroline Lavoie, de Taxi Terra: «On n'abandonne pas».
(Photo: Éric Carrière)
Taxi Terra reporte sa demande de permis
L'entreprise qui se propose de briser le monopole du transport adapté par taxi à Laval a annulé sa demande de permis auprès de la Commission des transports, qui devait entendre sa requête aujourd'hui et demain. «On n'abandonne pas», dit-on chez Taxi Terra, qui compte revenir à la charge dans les mois qui viennent.
La décision est motivée par l'espoir de voir la Loi concernant les services de transport par taxi, modifiée par le projet de loi 96, présenté à l'Assemblée nationale le 13 juin 2008, explique la porte-parole de Taxi Terra, Caroline Lavoie.
Guichet unique
L'adoption de ce projet de loi élargirait la juridiction de la Commission des transports du Québec. Jusqu'à présent, la Commission avait la responsabilité d'accueillir les demandes d'entreprises comme Taxi Terra, si celles-ci démontrent qu'il existe un besoin pour ses services.
C'est toutefois le gouvernement québécois qui est habilité à fixer par décret le quota de permis de propriétaire de taxis pour une agglomération. Depuis les années 1970, le nombre de permis est fixé à 213 à Laval.
La nouvelle loi transférerait cette responsabilité à la Commission, créant du même coup un guichet unique pour les demandeurs. «Ça va faciliter les choses. On va refaire notre demande avec la nouvelle réglementation », explique Caroline Lavoie, porte-parole de Taxi Terra.
La Coopérative des propriétaires de taxi de Laval (CO-OP Taxi Laval), qui fournit la totalité des services de transport adapté aux personnes à mobilité réduite sur le territoire lavallois, s'était inscrite à titre d'opposante à la requête.
Elle s'est également opposée, sans succès, au désistement de Taxi Terra. «On avait les preuves, les témoins, on avait passé du temps à préparer le dossier», indique Georges Tannous, vice-président de la CO-OP et responsable du dossier du transport adapté.
Mémoire de l'ALTA
L'Association lavalloise pour le transport adapté (ALTA) a fait valoir, dans un mémoire déposé lors d'audiences publiques tenues au début du mois à Québec, que l'accroissement démographique et le vieillissement de la population ont provoqué une hausse des déplacements par taxi.
Dans un tel contexte, «le monopole qui existe actuellement à Laval est une barrière importante pour obtenir une qualité de service répondant aux besoins de la clientèle à mobilité réduite», lit-on dans ce mémoire.
En février dernier, l'ALTA mettait sur pied un comité de crise du taxi. Elle dévoilait, il y a peu, les résultats d'une enquête auprès de ses membres qui mettait en lumière des insatisfactions liées au service de transport adapté fourni par CO-OP Taxi Laval.
L'Association affirme, dans son mémoire, que des problèmes sont également vécus par les utilisateurs du service de taxi régulier à Laval.
Collaboration
L'ALTA travaille de concert avec Taxi Terra. La jeune entreprise, créée en mai dernier, a besoin d'un permis d'intermédiaire en service de transport par taxi, grâce auquel elle pourrait fournir à des propriétaires de taxi des services de publicité, de répartition d'appels ou d'autres services de même nature.
Elle a également besoin de permis restreints (pour le transport adapté) pour ses futurs chauffeurs. Pour le moment, les permis restreints ne sont délivrés que pour des fourgonnettes adaptées, capables d'accueillir des fauteuils roulants, note Caroline Lavoie.
Dans le cadre du projet de loi 96, «on aimerait que le permis restreint soit attribuable à d'autres types de véhicules», dit Mme Lavoie, afin d'offrir le service de transport aux clientèles à mobilité réduite de tout type.