Anaïs Boutin, d'Éco-Nature, explique que la prolifération de la tortue à oreilles rouges, vendue dans les animaleries et abandonnée dans les rivières, menace les espèces indigènes. (Photo: Maya)
La Quinzaine des sciences vire au vert
Tenue sous le thème «Un monde en émergence», la cinquième édition de la Quinzaine des sciences du collège Montmorency fait une large place aux questions relatives à l'environnement.
Hier après-midi, expositions et kiosques portant sur l'environnement avoisinaient l'espace réservé, au centre de l'agora, au «show récupératif» de la conférencière «K», animatrice, réalisatrice, conceptrice et productrice d'événements à saveur écologique.
Pression urbaine
Deux éco-conseillères d'Éco-Nature, organisme lavallois responsable de la gestion du Parc de la Rivière-des-Mille-Îles, assuraient l'animation de l'activité «Laval, une île en émergence».
«À mesure que Laval se développe, la pression augmente sur les habitats et les espèces qui les occupent», explique Anaïs Boutin. Un baromètre pour cette pression: les amphibiens comme la grenouille.
«Ce sont eux, les premiers touchés», dit sa collègue, Geneviève Lepage. «Ce sont des créatures sensibles. Les gens nous disent: "On n'entend plus les grenouilles". C'est une indication», ajoute Mme Boutin.
Un autre exemple: la prolifération de la tortue à oreilles rouges, vendue dans les animaleries et abandonnée dans les rivières, où elle menace les espèces indigènes. «On va faire une campagne de sensibilisation cet hiver», note Anaïs Boutin.
Îlots de chaleur
Voisine du kiosque d'Éco-Nature, l'exposition «Émergence des îlots de chaleur urbains» donne un bref aperçu d'une étude réalisée à la grandeur de la Communauté métropolitaine de Montréal par le Conseil régional de l'environnement de Laval.
«On a vu que les îlots de chaleur, ce n'est pas juste au centre-ville de Montréal. C'est à Laval aussi, résume Stéphanie Bourgault, coordonnatrice de l'étude. C'est surtout les centres commerciaux. Le Centre Laval, le Carrefour... tu les vois sur la carte.»
Les îlots de chaleur sont des zones peu boisées, très bétonnées ou asphaltées, où la température ambiante, en été, peut atteindre cinq à dix degrés Celsius de plus que les secteurs avoisinants. Un nouveau développement dépourvu d'arbres, par exemple, peut être un îlot de chaleur visible sur une photographie thermique prise par satellite.
Boisé à protéger
L'Association pour la protection du boisé Sainte-Dorothée profite également de la vitrine de la Quinzaine des sciences. «On vient de baliser pour la raquette cet hiver», lance Stephania Ripamonti, bénévole de l'Association.
Ce milieu naturel de 420 ha en territoire agricole est en très grande partie privé: il est composé de 56 terrains, détenus par 83 propriétaires. Un casse-tête pour la conservation. «On aimerait que Ville de Laval fasse plus d'acquisitions.»
La Ville est déjà propriétaire d'une prucheraie et d'une autre section du boisé, plus au sud.
À l'agora du collège Montmorency:
«Émergence des îlots de chaleur urbains»: jusqu'au 6 novembre
«Laval, une île en émergence», jusqu'au 5 novembre
Programmation de la Quinzaine des sciences:
www.cmontmorency.qc.ca
Association pour la protection du boisé Sainte-Dorothée: 450 719-0544 ou
www.boisesaintedorothee.org