La lettre envoyée au maire de Laval par le président de la commission du BAPE sur le train de l'est.
(Photo: Martin Alarie)
Train de l'est
Le maire de Laval sollicité par la commission du BAPE
Quelle est la position officielle du maire de Laval sur le train de l'est? Le président de la commission du BAPE, qui animait hier la seconde partie de l'audience portant sur ce projet, a dit espérer une réponse de Gilles Vaillancourt à cette question, alors que plusieurs citoyens et organismes se sont prononcés en faveur d'un train à Laval.
La question est parvenue à la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), par courriel, après la fin de la première partie de l'audience, tenue les 9 et 10 décembre.
L'interrogation du citoyen est apparue suffisamment pertinente aux yeux du président de la Commission, Qussaï Samak, pour que ce dernier la transmette au maire de Laval, le 19 décembre.
Dans l'entourage immédiat du maire, on analyse la demande. Quoique M. Samak prie le maire de répondre «le plus tôt possible», l'attachée politique de Gilles Vaillancourt, Amélie Cliche, n'était pas en mesure de dire quand viendrait la réponse.
«On aimerait que Laval réponde», a dit M. Samak mardi soir, lors d'un échange avec le directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Lanaudière, Gilles Côté. Conjointement avec le CRE de Laval, le CRE de Lanaudière a déposé un mémoire à la Commission.
Biais méthodologiques
Les deux organismes voués à la protection de l'environnement prennent position en faveur d'un scénario qui prévoyait l'aménagement de deux lignes de train de banlieue, dont une passant par l'est de Laval. Cette solution a été rejetée par l'Agence métropolitaine de transport (AMT).
Dans leur mémoire, les auteurs soulignent que la liaison Mascouche-Terrebonne-Repentigny/Montréal, choisie par l'AMT, ne fait pas le poids par rapport à la solution des deux tracés, en matière environnementale.
Des «biais méthodologiques» expliquent les résultats obtenus, écrivent-ils. Le nombre d'automobiles retirées du réseau routier via l'option des deux lignes est sous-estimé, illustrent-ils, et on n'évalue pas les gains de service pour l'est de Laval.
Par ailleurs, aucune mesure de mitigation n'est prévue pour la destruction de milieux humides dans le tronçon à construire entre Mascouche et Repentigny.
Jeux politiques
Malgré tout, l'Agence a plutôt opté pour un seul tracé, contournant l'île Jésus, déplorent les directeurs des deux CRE. Tout en soulignant l'expertise et la compétence de l'AMT, le président de la Commission a demandé au directeur du CRE de Lanaudière: «Pourquoi ce qui semble évident pour vous ne semble pas l'être pour l'AMT?»
«Tout le monde n'a pas la même appréciation de l'intérêt public, a répondu M. Côté. C'est un regard différent. Nous, on privilégie les questions d'environnement, on a un regard externe, on n'a pas subi les influences politiques de tout ce qui grouille comme villes, MRC, etc. C'est sûr qu'il y a un "web", une toile d'araignée au-dessus de la tête de l'AMT et eux prennent la décision qui minimise les tensions de cette toile.»
C'est à ce moment que M. Samak a signalé à M. Côté l'envoi d'une lettre au maire de Laval, dans laquelle est reproduit le message acheminé à la Commission par un citoyen.
«Si l'ancienne ville de Terrebonne [vieux Terrebonne] et L'Assomption ont été retirées du projet du "Train de l'Est", c'est dû supposément à l'impossibilité de faire passer le train de Mascouche par Laval», écrit le citoyen, vraisemblablement un résident de L'Assomption, qui n'est pas identifié dans la lettre.
Conccurent
Le directeur du CRE de Lanaudière n'est pas le seul à avoir évoqué les pressions politiques qui semblent avoir joué dans la décision de l'AMT. Le Parti vert a aussi été dans ce sens.
Xavier Dexhelet, responsable du dossier transport du Parti vert, a insisté sur le fait que les revenus garantis au partenaire privé du gouvernement, dans le contrat signé en mode PPP pour le prolongement de l'A-25, placent le projet de train dans l'est de Laval comme un concurrent indésirable au pont dans l'est.
«Il y a une volonté politique de ne pas avoir de train de banlieue dans l'est de Laval», a-t-il conclu.
Consensus
Un consensus clair s'est dégagé, mardi soir, sur la nécessité de réaliser le projet de train de l'est. Mais le tracé choisi par l'AMT ne fait pas l'unanimité. Sur 14 présentations de mémoire, cinq étaient clairement en faveur de l'option de deux lignes de train.
Quatre présentateurs (Chambre de commerce Pierre-Le Gardeur de Repentigny; CLD de la MRC de L'Assomption; MRC de L'Assomption; Ville de L'Assomption) ont signifié au président de la Commission, qui les questionnait à ce sujet, qu'ils étaient indifférents entre l'option retenue ou l'option implicant un train à Laval.
Tous ces intervenants ont dit faire confiance à l'AMT et souhaiter que le projet se réalise rapidement.