Le chef bloquiste Gilles Duceppe, entouré de Mohamedali Jetha, candidat défait dans Laval-Les Îles, Robert Carrier, député d'Alfred-Pellan, Nicole Demers, députée de Laval, et Mario Laframboise, organisateur en chef du Bloc québécois.
(Photo: Martin Alarie)
En vue d'une éventuelle campagne électorale
Le Bloc se prépare
Entretenant bien peu d'espoir de voir le budget Flaherty rallier, le 27 janvier prochain, les partis d'opposition aux Communes, le chef du Bloc québécois a déjà donné le signal à ses associations régionales de fourbir leurs armes en vue d'une éventuelle campagne électorale.
«Faut être prêt à toute éventualité, dont celle d'un déclenchement hâtif d'élections», déclarait, vendredi midi, Gilles Duceppe, lors de son passage à Laval.
Incidemment, l'organisateur électoral en chef du Bloc, Mario Laframboise, qui l'accompagne dans sa tournée des régions précédant la rentrée parlementaire, rappelait que le Bloc compte sur la meilleure organisation terrain au Québec et que «la machine sera prête», advenant la dissolution du parlement.
La coalition, la meilleure option
Mais à choisir, le leader bloquiste opterait sans hésiter pour la coalition, qui demeure toujours à ses yeux «la meilleure option» en cette période de crise. Dans les circonstances, il serait «irresponsable», dit-il, de fermer le parlement pendant un mois pour faire campagne.
À cet égard, M. Duceppe n'est pas sans évoquer 2004 et la démarche initiée par Stephen Harper, alors chef de l'opposition dans un gouvernement minoritaire libéral en 2004, auprès de la gouverneure générale Adrienne Clarkson. «À l'époque, M. Harper avait défendu la légitimité d'un gouvernement de coalition qu'il aurait dirigé, dans la mesure où le premier ministre Paul Martin perdait la confiance de la Chambre. Ce qui était bon en 2004 l'est tout autant aujourd'hui.»
Par ailleurs, Gilles Duceppe refuse de croire que la nomination de Michael Ignatieff comme chef intérimaire du Parti libéral du Canada ait grandement affaibli la coalition. «M. Ignatieff est contre des baisses d'impôts, alors que MM. Harper et Flaherty y sont en faveur», fait-il remarquer, faisant valoir que son prédécesseur, Stéphane Dion, a couru à sa perte à force de cautionner l'inacceptable.
Gains historiques
En soutenant la coalition, l'automne dernier, le Bloc québécois faisait des gains historiques pour le Québec, considérant que les Partis libéral et néo-démocrate acceptaient de faire leurs de grands pans de son plan de relance économique.
Comme le prochain budget fédéral ne concédera jamais tout ce que MM. Dion et Layton ont consenti à Gilles Duceppe en retour de son appui, le Bloc votera contre le budget.
Ce plan économique proposé par le BQ, avalisé par le PLC et le NPD, vise à relancer l'économie en y injectant 24,2 milliards de dollars sur deux ans. «On retrouve dans ce plan des propositions constructives et nécessaires pour soutenir les industries forestière et manufacturière, ainsi que les travailleurs, les familles et les régions du Québec», soutient le chef bloquiste.
Parmi ces mesures, notons, entre autres, le retour du financement des organismes de développement économique; l'implantation de programmes voués à la rénovation, la construction de logements sociaux et au soutien au revenu des travailleurs âgés licenciés; un meilleur accès à l'assurance-emploi par l'abolition du délai de carence; la restauration des programmes en culture, sans oublier la création d’un marché du carbone avec des cibles de réduction absolue des gaz à effet de serre, avec 1990 comme année de référence.