Laval publie sa Politique
Faut-il jouer cartes sur table?
Une ville doit-elle jouer cartes sur table, en matière de conservation et de mise en valeur de ses milieux naturels? Alors que Laval hésite encore à dévoiler ses intentions, de peur d'ouvrir la porte à la spéculation, Montréal a affiché ses couleurs, en 2004, et les résultats sont positifs. Article publié le 20 janvier 2009
Le porte-parole de la Ville, Marc Laforge, ne cache pas un certain malaise relativement au dévoilement de la carte des zones d'intérêt pour la conservation, qu'on désigne sous le nom de «territoires écosystémiques».
Ces zones sont en majeure partie aux mains de propriétaires privés. En dévoilant les détails de la carte, on ouvre la porte à la spéculation, fait-il valoir.
«Il ne faut pas que ça ait l'air de l'expropriation déguisée. Jusqu'à maintenant, les acquisitions se sont faites de gré à gré. Si on veut aller en chercher le plus possible, la seule façon, c'est de payer le moins cher possible. Le dilemme est là.»
L'expérience montréalaise
Les artisans de la Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels de Montréal, adoptée en 2004, formulaient des inquiétudes semblables, à la veille de sa publication.
Quelques années plus tard, le bilan est plutôt positif. «Si les gens connaissent les intentions de la Ville, cela met un frein aux chicanes perpétuelles entre les environnementalistes et les promoteurs», affirme Alan De Sousa, maire de l'arrondissement Saint-Laurent, membre du comité exécutif de Ville de Montréal et responsable des dossiers développement durable et économique.
M. De Sousa a piloté la réalisation de la Politique montréalaise, jusqu'à son adoption, en 2004. Il précise que la cartographie des dix écoterritoires de Montréal n'était pas très précise, à l'origine.
Seules des zones grossièrement délimitées sur les cartes permettaient de voir où la Ville avait un intérêt de conservation et de mise en valeur. Les milieux à haute valeur écologique (noyaux) et les liens à établir entre eux pour permettre la migration de la faune (corridors) n'y figuraient pas.
«Quand on a identifié les écoterritoires, on a dit clairement qu'il était nécessaire d'analyser et d'approfondir pour déterminer les noyaux, les zones tampon et les corridors», explique M. De Sousa.
Ce travail incombe à des comités techniques, formés de représentants de la Ville, de promoteurs, de partenaires impliqués, mais aussi de citoyens ordinaires et de militants écologistes.
Plus de maturité
«Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de débats et de brassage d'idées. Mais ça se fait avec une plus grande maturité, dans un climat de concertation, de confiance et de respect», assure Alan De Sousa.
La publication de la Politique montréalaise était assortie, en 2004, d'un fonds d'acquisition de 36 M$. «Notre priorité, c'est la protection, pas l'acquisition, indique M. De Sousa. On utilise tous les outils (sensibilisation des promoteurs, zonage, réglementation, etc.), pour accorder une protection. Si ce n'est pas possible, il reste l'achat.»
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a indiqué, récemment, que la Politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels de Laval pourrait être publiée en janvier ou février 2009. Près de 10 M$ seront consacrés à des acquisitions, en 2009.