Marché de la revente
Moins de transactions à prévoir, mais une hausse des valeurs
La présente crise économique influencera à la baisse le nombre des transactions immobilières en 2009, mais n'aurait à peu près aucun impact sur le prix de vente des propriétés.
Chef de la direction de la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM), Michel Beauséjour soutient que les premiers mois de 2009 devraient normalement ressembler au niveau d'activité observé dans les derniers mois de 2008.
Décembre, la tendance?
En décembre dernier, les ventes totales à Laval avaient diminué de 23 % par rapport à la même période en 2007, alors que le prix médian de la maison unifamiliale était inférieur à seulement 1 %.
Au chapitre des nouvelles inscriptions, on note un repli de 5 % en décembre, mais une hausse de 7 % pour l'ensemble de l'année 2008.
En comparaison, la grande région métropolitaine de Montréal a vu en décembre le prix médian grimper de 3 %, les nouvelles inscriptions de 12 %, les inscriptions en vigueur de 17 %, alors que les transactions chutaient de 29 %.
Marché équilibré et en santé
Le quatrième et dernier trimestre de l'année 2008 a donc transformé un marché favorable aux vendeurs en un marché équilibré.
«Il serait donc logique de s'attendre en 2009 à une hausse moyenne de 2 % à 3 % du prix médian de la maison unifamiliale, soit un niveau comparable à l'inflation», estime M. Beauséjour.
Il s'agit d'une augmentation deux fois moins élevée qu'en 2008, où la propriété individuelle absolue avait vu sa valeur médiane croître de 6 % dans le Grand Montréal et de 5 % à Laval.
Malgré une baisse de 7 % du nombre de transactions réalisées l'an dernier, l'année 2008 aura tout de même été la deuxième meilleure performance à vie dans la région métropolitaine de Montréal, souligne Michel Beauséjour.
De fait, le ralentissement économique s'est fait nettement moins sentir ici que dans les autres grandes agglomérations canadiennes. On en donne pour preuve Vancouver, Toronto et Calgary, là où les transactions ont respectivement chuté en 2008 de 35 %, 27 % et 20 %. Quant au prix médian de la maison unifamiliale, il s'est déprécié de 11 % à Vancouver, de 3 % à Calgary et s'est apprécié de 3 % à Toronto. La bulle immobilière a causé encore plus de dégâts aux États-Unis avec des pertes de près de 50 % de la valeur des propriétés dans certains États, signale le chef de direction de la CIGM.
Confiance à la baisse
«La confiance des consommateurs, qui est un facteur clé de la vigueur du marché immobilier, a été affectée récemment en raison du bombardement constant de nouvelles sur l’instabilité de l’économie», déplore M. Beauséjour. En l'espace de douze mois, ce niveau de confiance chez les Canadiens a planté de 28 points de pourcentage, passant d'un taux record de 92 % en décembre 2007 à un taux de 64 % en décembre dernier, selon le Conference Board du Canada.
En décembre 2007, 54 % des Québécois jugeaient le moment propice pour effectuer un achat important telle une maison; 12 mois plus tard, ce pourcentage fondait de plus de la moitié, à 24 %.
«Ce qui se passe aux États-Unis joue sur la psychologie des consommateurs québécois», rappelle Michel Beauséjour, qui soutient que les suites du plan Obama devrait directement influencer le marché immobilier dans la région métropolitaine.
Au 31 décembre 2008, à Laval, les 2740 inscriptions en vigueur sur le système MLS® étaient en hausse de 19 % par rapport à la même date l’an dernier.