Écartée définitivement en 2006, l'option du train dans l'est de Laval fait malgré tout l'objet d'un débat.
(Photo: Martin Alarie)
Gilles Vaillancourt s'exprime sur le projet Train de l'Est
Laval sur une voie d'évitement
Invité à préciser sa position vis-à-vis du projet Train de l'Est, par le président de la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, le maire Gilles Vaillancourt déplore n'avoir pas eu accès aux études commandées par l'Agence métropolitaine de Transport.
Lors d'une entrevue téléphonique mercredi, M. Vaillancourt a refusé de parler de manque de transparence, de la part de l'AMT. «On pourrait peut-être dire que l'AMT n'a pas jugé opportun de partager [ses études] avec son partenaire à Laval.»
Mise de côté
Dans une lettre datée du 14 janvier, adressée au président de la Commission, le maire mentionne cependant que la Ville de Laval et la Société de transport de Laval (STL) «n'ont pas été associés» et «n'ont pas eu accès» au contenu d'études évaluant ou comparant le projet de ligne de train de banlieue passant par Laval.
M. Vaillancourt cite à deux reprises des communications écrites de la STL acheminées à l'AMT. À ces deux occasions, la STL déplore avoir été mise de côté, dans le dossier, malgré l'expression de son intérêt.
Favorable
«La Ville de Laval a toujours été favorable à l'implantation d'une desserte ferroviaire de l'est de son territoire, écrit M. Vaillancourt. Malheureusement, elle n'a jamais eu à sa disposition les études et analyses qui lui auraient permis de juger du bien-fondé économique et environnemental de ce projet.
«De plus, elle n'a pas eu accès aux évaluations qui ont amené l'AMT à privilégier l'option d'une desserte passant par Montréal et Repentigny.»
C'est en ces termes que le maire de Laval conclut sa lettre, après un long récapitulatif du développement du projet, depuis 2001. Il souligne par ailleurs l'intérêt de la Ville «à participer à toute étude qui nous permettrait d'établir l'intérêt économique et environnemental d'un tracé empruntant le territoire de Laval».
Pas les yeux fermés
De nombreux intervenants de la Couronne nord qui seront desservis par la ligne Mascouche-Terrebonne-Repentigny/Montréal, retenue par l'AMT, ont exprimé leur appui à ce projet, à l'occasion de l'audience du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), au début de janvier.
Plusieurs d'entre eux ont fait part de leur désir de voir un projet de train se réaliser sur leur territoire le plus vite possible, qu'il passe ou non par Laval. Le choix de l'AMT n'est pas de leur ressort, disaient-ils.
Le maire de Laval a une approche différente. «Il faut être sûr que l'argent investi va donner le rendement attendu en terme de clientèle, de rendement financier et sur le plan social.»
Dans cet esprit, on n'appuie pas un projet «sur la base d'un communiqué de presse», illustre-t-il. Il faut «au moins pouvoir le valider et connaître quelles sont les prémisses de la décision».
L'AMT a écarté, en 2006, un tracé passant par Laval, en faveur d'une ligne contournant l'île Jésus.