Raymond Folco, députée libérale de Laval-Les îles.
(Photo: Martin Alarie)
Le gouvernement Harper survit au budget
C'est sans surprise que le Parti libéral du Canada a approuvé, hier, le budget déposé par le ministre des Finances, Jim Flaherty.
Si on savait que le Bloc québécois et le NPD voteraient contre, on se doutait bien que le chef de l'opposition officielle, Michael Ignatieff, allait accorder un sursis au gouvernement minoritaire conservateur.
Seule députée libérale de la région, Raymonde Folco explique que c'est toutefois à «contrecœur» que son parti appuie le budget, mais prévient qu'il ne s'agit pas d'un chèque en blanc. «Nous allons tenir le gouvernement Harper responsable de ses promesses; on va le talonner et exiger qu'il rende des comptes, en présentant trois mises à jour des dépenses engagées en cours d'année», explique-t-elle, laissant entendre que les conservateurs demeurent sous haute surveillance.
«On n'aime pas le budget; on aurait aimé quelque chose de plus solide», ajoute-t-elle, dénonçant entre autres le «saupoudrage» de milliards au détriment de mesures qui auraient pu être à la fois plus ciblées et plus musclées. En temps de crise, le gouvernement doit agir vite et il serait jugé aussi rapidement qu'en mars prochain, où une première reddition de comptes est attendue, soutient la députée libérale de Laval-Les Îles, nouvellement nommée critique à la francophonie dans le cabinet fantôme d'Ignatieff.
Le fossé se creuse
Porte-parole adjoint aux Finances, le député bloquiste d'Alfred-Pellan, Robert Carrier, déplorait pour sa part «la fin de la coalition» et, surtout, le deuil des gains historiques qu'aurait procuré au Québec un gouvernement de coalition, en vertu du plan de relance qu'avait réussi à négocier le Bloc avant les Fêtes.
«C'est comme s'ils abandonnaient le Québec», indique M. Carrier, en commentant le budget des conservateurs, cautionné par les libéraux.
Il évoque notamment le fait que le budget Flaherty privera, cette année, le Québec d'un milliard de dollars au niveau des transferts de péréquation, puis de 2 G$ en 2010. «L'Assemblée nationale avait adopté à l'unanimité une motion en faveur du maintien du programme de péréquation dans sa formule actuelle», rappelle-t-il. Pour l'exercice financier se terminant au 31 mars prochain, Québec a obtenu 8 G$ en transferts, alors qu'il devait normalement toucher 9,4 G$ pour l'année 2009-2010. Au lieu de cela, il recevra d'Ottawa 8,4 G$.
Mme Folco et M. Carrier s'entendent tous deux sur l'insuffisance des 400 M$ consacrés sur deux ans à la construction de logements pour les aînés à faible revenu à travers le pays. Quant aux cinq semaines additionnelles de prestations d'assurance-emploi, les députés libéral et bloquiste auraient également souhaité un meilleur accès à ce fonds d'aide aux travailleurs et l'abolition du délai de carence de deux semaines pour les nouveaux chômeurs.
Enfin, Robert Carrier dénonce que contrairement à l'Ontario, qui bénéficie de «près de 4 milliards de dollars, dont 2,7 milliards juste pour le secteur de l'automobile», le budget ne présente «aucun programme spécifique pour le Québec, dont le secteur manufacturier est gravement touché par la crise». Voilà un geste de plus qui, à ses yeux, contribuera à ajouter à la «division naturelle» entre le Québec et le reste du pays.
Charles Cloutier
Commentaire mis en ligne le 28 janvier 2009Le Parti Libéral vient de confirmer son annexion aux Conservateurs,faute d'une voilure éclairée et somnolente devant les dérives d'un parti lui-même fier de son statut de franchisé de la droite américaine...il n'en fallait pas davantage pour constater la troisième dérive en presqu'autant d'années à la tête du Parti des Laurier,Chrétien et co.
Je souhaite courte vie au nouveau valet!