(Photo: Maya)
Les usagers du train font front commun
Les usagers du train Deux-Montagnes/Montréal discutaient avec cynisme le plan de correctifs de l'AMT, mardi après-midi, à la gare Centrale. Ils peuvent maintenant se joindre à un recours collectif qui pourrait coûter 66 M$ à l'agence gouvernementale.
Yves Boyer, un résident de Pincourt, dans l'ouest de la région métropolitaine, a déposé mardi, en Cour supérieure, une requête pour autorisation d'exercer un recours collectif contre l'Agence métropolitaine de transport (AMT), gestionnaire du réseau de trains de banlieue.
Si sa requête est acceptée, et si M. Boyer et les utilisateurs qu'il représente obtiennent gain de cause, l'Agence aurait à consentir 30% du prix des titres de transport qu'ils ont achetés depuis décembre 2007.
Les utilisateurs pourraient également recevoir 1000$ chacun, en dommages compensatoires pour «les retards au travail, aux études et à la maison, les rendez-vous professionnels manqués et les rendez-vous personnels manqués», peut-on lire dans le document de la requête.
Le recours que M. Boyer veut exercer touche toute personne ayant utilisé le service de train de banlieue sur les lignes Deux-Montagnes/Montréal et Dorion-Rigaud/Montréal, depuis décembre 2007.
Inacceptable
Ces deux lignes ont enregistré les pires performances – en termes de retards et d'annulations de départs - en janvier 2009, avec des indices de 89,23% et 75,34%, respectivement. De telles performances ont été qualifiées, mardi, d'inacceptables par Nancy Fréchette, vice-présidente exploitation à l'AMT.
Les ennuis ne datent pas d'hier sur ces deux lignes, fait valoir M. Boyer, qui voyage en train depuis 1998.
Quoique les retards, pannes et autres impairs aient atteint un niveau critique au cours des dernières semaines, des articles de journaux témoignent de ratés remontant à au moins décembre 2007, fait-il valoir.
Pas avant 10h
Beaucoup d'usagers du train de banlieue vont reconnaître leur quotidien dans la liste des inconvénients énumérés par l'initiateur du recours: attentes répétées et prolongées, retards au travail le matin, rendez-vous manqués au travail et à des activités personnelles, réorganisation fréquente du mode de transport…
«Mon client ne prend aucun rendez-vous avant dix heures le matin», dit Me Normand Painchaud, du bureau d'avocats Sylvestre Fafard Painchaud, qui représente M. Boyer.
Est-ce que les utilisateurs représentés par M. Boyer ont de bonnes chances de gagner leur cause? «Tout à fait», répond Normand Painchaud, dont la firme a représenté des citoyens dans plus de 90 recours collectifs, depuis sa fondation, en 1981.
«Il y a une faute, des dommages, et un lien entre les deux.» Selon l'avocat, la situation problématique des dernières semaines est le résultat de «trois, quatre ou cinq ans de mauvaises décisions. C'est la responsabilité de l'AMT d'aller chercher plus d'argent, pour satisfaire sa mission».
L'AMT, qui relève du ministère des Transports, a notamment pour mission d’accroître les services de transport collectif, afin d’améliorer l’efficacité des déplacements des personnes dans la région métropolitaine de Montréal.
Traversée du désert
Normand Parisien, porte-parole de l'organisme de défense des usagers du transport en commun Transport 2000, jette plutôt le blâme sur le gouvernement provincial, pour le piètre état des infrastructures de transport collectif.
«Il y a beaucoup de rattrapage à faire. On commence à peine à sortir d'une longue traversée du désert. Ce n'est pas seulement une responsabilité des agences et des sociétés de transport; c'est une responsabilité du gouvernement. À ceux qui pointent un doigt accusateur vers l'AMT et réclament la tête de son PDG, Joël Gauthier, M. Parisien répond que ce n'est pas la solution. «On pense qu'il y a une bonne foi. Ce n'est pas une question d'incompétence, mais de limite de capacité à réagir au problème.»
Les usagers qui le désirent peuvent communiquer avec Sylvie Bond, du bureau d'avocats Sylvestre Fafard Painchaud, responsable de la requête en recours collectif, afin de lui soumettre leur cas personnel, au 514 937-2881, poste 233.
> Plan de correctifs de l'AMT
> Retour à l'ancien horaire du matin, le 16 février
> Réparation des voitures de la ligne Deux-Montagnes, d'ici juin
> Réduction du nombre de voitures à huit, plutôt que dix, jusqu'en juin
> Rabais de 50 % sur le coût d'achat de la carte mensuelle de mars
Distribution de coupons de compensation pour ce rabais sur les quais, le matin du 18 février
> Rabais de 25% sur le coût d'achat des cartes mensuelles d'avril et mai
Distribution de coupons de compensation pour ces rabais sur les quais, les matins du 18 mars et du 16 avril
> Les usagers absents lors de la distribution de coupons peuvent communiquer avec l'AMT: 514 287-8726 ou 1 888 702-8726
> Bonification du service de la ligne de bus 26 à la gare Sainte-Dorothée, en direction de la station de métro Montmorency