Denis Lebel, ministre responsable de l'Agence de Développement économique Canada.
(Photo: Martin Alarie)
À la tête de l'Agence de développement économique du Canada
Le ministre Denis Lebel crée une impression favorable
Les principaux acteurs socioéconomiques lavallois participaient, la semaine dernière, à une rencontre avec le ministre d’État de l’Agence de développement économique du Canada (DEC) pour les régions du Québec.
Au sortir de cette réunion tenue à huis clos, le ministre conservateur soulignait l'objectif de cette tournée, qui lui a permis de visiter dix régions en dix jours.
«On est à réviser les programmes de l'agence et je tenais à entendre les recommandations des différents intervenants du développement économique afin d'alimenter ma réflexion», dit-il.
À cet égard, les préoccupations exprimées par les leaders d'opinion de la région vont dans le même sens que celles entendues dans les autres régions de la province.
Deux grandes préoccupations
À Laval comme ailleurs, l'accès au crédit en cette période de crise financière et le financement des organismes sans but lucratif (OSBL) à vocation économique retiennent l'attention des décideurs.
Tous semblent avoir encore sur le cœur la décision prise en 2007 par le gouvernement Harper de se retirer du financement des OSBL affectés au développement économique au Québec. Si rien ne change, le Centre québécois d'innovation en biotechnologie (CQIB) sera privé de tout financement de DEC dès le printemps 2010.
Cette année, l'incubateur lavallois doit se contenter du tiers de l'enveloppe annuelle de 400 000 $ qu'il avait l'habitude de recevoir de l'agence fédérale.
«Nous avons fait valoir au ministre l'importance de l'incubation dans la chaîne de la valorisation de l'innovation», a expliqué le président du conseil du CQIB, Dr Jacques Gagné. Celui-ci s'est d'ailleurs dit «très optimiste» face à «l'ouverture» dont a fait montre le ministre Lebel.
Président du conseil et directeur général par intérim de Laval Technopole, Pierre Desroches partage la même impression et le même optimisme. Quant au souhait de voir faciliter l'accès des entreprises au financement, l'ex-banquier déclare que «le gouvernement a la volonté et l'argent pour le faire».
Incidemment, le budget de l'agence fédérale a été bonifié de 50 % pour les deux prochaines années, passant annuellement de 200 M$ à 300 M$, indique le ministre.
M. Desroches espère par ailleurs qu'Ottawa élargisse la portée des programmes actuels et souhaite la mise en place d'un fonds d'amorçage pour soutenir les secteurs de la nouvelle économie, notamment la biotechnologie dont Laval est la capitale québécoise. Pour lui, le moment est choisi de faire éclore les initiatives à fort potentiel de développement économique et de création d'emplois de qualité.
Enfin, poursuit-il, une plus grande souplesse dans le processus de remboursement du capital pour les prêts consentis par le fédéral serait souhaitable, afin de permettre aux entrepreneurs de respirer plus à l'aise en ces temps difficiles.