Amir Khadir juge sévèrement l'héritage social que Gilles Vaillancourt laissera aux Lavallois.
(Photo: Martin Alarie)
Amir Khadir s'en prend à Gilles Vaillancourt
De passage à Laval, mardi, le porte-parole de Québec solidaire et député de Mercier à l'Assemblée nationale, Amir Khadir, a fait une sortie en règle contre le maire Gilles Vaillancourt.
Dans le cadre de sa tournée de consultation sur la crise économique, qu'il poursuit à travers le Québec jusqu'à la rentrée parlementaire prévue le 10 mars, M. Khadir a dénoncé le pouvoir absolu qu'exerce à Laval le maire Vaillancourt depuis huit ans: «Il n'a de comptes à rendre à personne.»
À ses yeux, la crise qui sévit actuellement est «une formidable occasion de revoir nos façons de faire et de casser les vieux modèles de développement qui profitent à tous ces promoteurs immobiliers qui alimentent la caisse électorale de M. Vaillancourt», a lancé sans ambages le député Khadir lors d'une rencontre dans un café de la région.
XXIe siècle
Il exhorte le maire de Laval à cesser de se battre pour de nouvelles dessertes autoroutières et à prendre rapidement le virage des infrastructures de transport en commun.
«On est au XXIe siècle; l'auto, c'était le siècle dernier», tranche M. Khadir, qui trouve inacceptable que l'administration Vaillancourt n'ait pas levé le petit doigt pour que la ligne de train de banlieue projetée dans l'Est passe par Laval.
Quant on rappelle au député de Mercier que M. Vaillancourt a tout de même obtenu de Québec le prolongement du métro de Montréal à Laval, il répond du tac au tac que trois stations et 5,1 kilomètres de rails souterrains, c'est trop peu pour desservir une population de près de 400 000 personnes. «Munich dispose d'un réseau de 265 kilomètres de métro pour une population de 3 millions d'habitants», dit-il.
Incidemment, parmi les 20 propositions qu'il présente au gouvernement Charest pour sortir le Québec de la crise, Amir Khadir suggère d'investir 1,2 milliard dans le transport en commun.
En matière de logement social, il estime les besoins à 50 000 nouvelles unités sur un horizon de cinq ans et que les efforts doivent être quintuplés. L'an dernier, Québec a investi dans la construction de 2000 logements sociaux.
«Laval ne fait pas exception à la règle», fait-il part, citant des poches de pauvreté, dont celle voisinant avec le secteur de l'école primaire Les 4 Vents, à Chomedey. «L'indice de défavorisation est de 10 sur une échelle de 10. Ce n'est pas digne d'une ville aussi prospère que d'accepter une telle pauvreté.»
Le porte-parole du parti se réclamant d'abord de la gauche sociale-démocrate rappelle que c'est dans l'intérêt de Laval d'investir dans le social. «Un loyer à prix modique permet aux familles à faible revenu de vivre plus décemment et les économies ainsi réalisées sont aussitôt réinjectées dans l'économie locale via l'achat de biens et de services essentiels.»