Parmi les territoires que le Conseil régional de l'environnement de Laval voudrait voir figurer à la carte des milieux d'intérêt: le bois de l'Équerre, à Sainte-Rose. (Photo: Martin Alarie)
Laval publie sa Politique
Le CRE propose cinq écoterritoires de plus
Le territoire de la municipalité devrait être ponctué de 18 milieux naturels d'intérêt et non pas 13, comme le propose la Ville. Quelques semaines après une journée de réflexion sur la Politique, qui pourrait être adoptée en décembre, le CRE jette un regard très critique sur la démarche de l'administration Vaillancourt dans le dossier. Article publié le 19 novembre 2006.<$p>
Parmi les territoires que le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval voudrait voir figurer à la carte des milieux d'intérêt: le bois de l'Équerre (Sainte-Rose), les forêts Saint-François Est et Ouest, le bois d'Auteuil, la forêt Duvernay, la forêt Sainte-Dorothée, le bois Papineau (Duvernay), l'archipel Saint-François et le reste du territoire de la rivière des Mille Îles.
Mince
Impossible, pour le moment, de comparer les milieux retenus par le CRE aux écoterritoires de Laval, puisque la Ville n'a rendu public aucune carte, à ce jour. Cette lacune est d'ailleurs soulignée par le CRE, pour qui le projet de politique en chantier à l'hôtel de ville a des airs de déjà vu. En effet, l'organisme a déjà eu l'occasion de présenter, en avril 2005, ses commentaires sur un premier projet «qui n'a jamais abouti».
Dix-neuf mois plus tard, on se désole d'avoir si peu à se mettre sous la dent. La journée de réflexion, qui se tenait au Château Royal de Laval le 13 octobre, a laissé le CRE, et d'autres intervenants invités, comme Nature Québec, sur sa faim.
«Il est regrettable qu'à cette occasion, les participants à un exercice aussi déterminant pour le développement futur du territoire n'aient eu droit qu'aux diapositives et qu'à un texte de la présentation pour développer leur réflexion», peut ont lire dans le document du CRE, rendu public le 3 novembre.
Faiblesses
Le Comité déplore par ailleurs l'absence de consultations publiques. Laval a clairement signifié son intention de finaliser sa politique sans consulter directement la population. «La population a été consultée via les organismes invités [à la journée de réflexion], sur lesquels siègent des citoyens», avait fait valoir le porte-parole de la Ville, Jean-Claude Beaudry, à la fin octobre.
Le CRE ne se contente pas de relever ce manque et de nombreuses autres faiblesses dans l'approche de la Ville. Il s'attaque au cœur de la démarche, soit la définition même des territoires écosystémiques, énoncée dans le document de présentation de Laval.
Un écoterritoire est «une zone de planification où des projets sont élaborés en vu d'y intégrer un ou des projets de conservation qui permettront notamment de préserver la très grande majorité des éléments écologiques d'intérêt, ainsi que les autres structures biophysiques assurant le maintien de la diversité», selon Ville de Laval.
Cette définition place la conservation au second plan, derrière des projets de développement urbains ou agricoles. Ce devrait être l'inverse, estime le CRE.
En guise de conclusion, le Conseil émet une dizaine de recommandations. Il suggère entre autres d'élever l'objectif de protection des espaces verts à 12% (plutôt que 9%); d'établir un véritable statut de protection, reconnu au niveau national et international; de réévaluer l'ensemble des milieux humides du territoire, selon une méthode approuvée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs; et d'imposer un moratoire sur les interventions dans les milieux naturels ciblés par la Politique, jusqu'à son adoption.