Le Tribunal des droits de la personne condamne la Ville de Laval et l'Association des pompiers de Laval à dédommager 38 jeunes pompiers.
(Photos: Martin Alarie)
Ville de Laval et l'Association des pompiers condamnées
Elles devront dédommager 38 pompiers
Le 5 mars, le Tribunal des droits de la personne a condamné la Ville de Laval et l'Association des pompiers de Laval à dédommager 38 pompiers victimes d'une convention collective jugée discriminatoire envers les jeunes. La somme devrait varier entre 600 000$ et 700 000$.
C'est que la convention collective, signée en 1998, prévoyait ce que l'on appelle désormais une «clause orpheline». Le contrat de travail prévoyait ainsi que pour les pompiers recrutés après le 10 juin 1998, il y aurait une baisse du salaire d'embauche et des augmentations moins rapides sur l'échelle des salaires. Les premières plaintes ont été déposées en décembre 2004.
«Notre preuve statistique très forte à l'effet que les personnes défavorisées par la convention étaient en grande majorité des jeunes, ainsi que d'avoir établi que d'autres moyens non discriminatoires auraient pu être adoptés pour abaisser les coûts de main-d'oeuvre, a penché en faveur de notre cause», analyse Maurice Drapeau, l'avocat de la Commission des droits de la personne, qui a représenté les jeunes pompiers dans le dossier.
Jurisprudence
«La décision du Tribunal fera jurisprudence dans ces clauses de convention qui font de la discrimination basée sur l'âge. Le jugement est d'autant plus important en ces temps de récession économique, où des entreprises et syndicats pourraient être tentés par de telles clauses», souligne maître Drapeau.
En appel?
La Ville de Laval a 30 jours pour en appeler de cette décision du Tribunal des droits de la personne. «Le document du jugement est volumineux, 62 pages, mais d'après les premières analyses de nos procureurs, tout indique que nous allons porter le dossier en appel. Car l'entente avait été conclue de bonne foi, avec une obligation de résultat», affirme Marc Laforge, porte-parole de Ville de Laval.
Rappelons qu'en 1998, Laval avait imité les autres villes québécoises, contraintes de respecter la loi 414, devant abaisser de 6% la masse salariale de ses employés. «Nous sommes confiants en la décision du Tribunal des droits de la personne, elle est très défendable», réplique Maurice Drapeau, à la possibilité d'un appel dans le dossier.
L'Association réagit
De son côté, l'Association des pompiers de Laval est formelle. «Nous croyons toujours que la ville est responsables à 100% des sommes à débourser dans ce jugement. D'autre part, nous avons aussi à décider si nous allons porter la cause en appel ou prendre un autre chemin. Cela se fera avec transparence. Nous allons rencontrer nos avocats et convoquer ensuite notre assemblée, à qui appartient la décision finale», a fait savoir Richard Carpentier, président de l'Association.