Le bois de l'Équerre fait partie des 13 zones d'aménagement écologique particulières ciblées dans la Politique. (Photo: Martin Alarie)
«La Politique de conservation nous laisse sur notre faim» - Richard Pelletier
Richard Pelletier, vice-président de la Corporation pour la mise en valeur du bois de l'Équerre, soutient que la Politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels d'intérêts de Ville de Laval, adoptée le 25 février, laisse les gens sur leur faim.
«C'est une coquille, il n'y a rien de concret là-dedans. La démarche est trop floue et ça donne trop de latitude à la Ville. On attendait la Politique depuis plus de deux ans, mais on reste sur notre appétit», dit-il. Le bois de Ste-Rose fait partie des 13 zones d'aménagement écologique particulières citées dans le document, tout comme le secteur Mattawa, situé en bordure de la rivière des Mille Îles.
«La Ville veut protéger le bois de l'Équerre, mais ça ne signifie pas la même chose pour eux que pour la corporation. Leurs limites du bois ne sont même pas celles que nous avons. Et pour ce qui est du secteur Mattawa, je ne comprends pas l'idée d'inclure le golf de Ste-Rose dans ce territoire, puisque c'est plutôt un principe d'aménagement et non de la conservation.»
Pas de consultation
M. Pelletier déplore l'adoption de la Politique sans aucune consultation auprès des Lavallois. Il donne en exemple la MRC de Pierre-De Saurel qui a présenté mardi, en assemblée publique, son Plan de conservation et de mise en valeur des boisés.
Comme le rapportait le Courrier Laval dans son édition du 28 février, Montréal et Longueuil avaient également rencontré la population avant l'adoption de leur politique, en 2004 et 2005 respectivement.
«Si d'autres villes sont capables d'aller chercher l'opinion publique, pourquoi pas Laval? Il y a beaucoup d'organismes et de citoyens qui ont à cœur la protection des boisés et ils aimeraient sûrement avoir leur mot à dire», souligne M. Pelletier, aussi biologiste pour le Conseil régional de l'environnement de Laval.
Parc de la Rivière-des-Mille-Îles
Inclus dans la liste des milieux naturels du CRE de Laval, le Parc de la Rivière-des-Mille-Îles n'apparaît pas spécifiquement dans la Politique. Robert Bisson, directeur général d'Éco-Nature, explique que certains secteurs du parc sont toutefois mentionnés.
«Ça ne m'inquiète pas [l'absence du parc] dans la Politique, parce que c'est juste une base. J'imagine qu'on pourra toujours rajouter d'autres cibles», confie M. Bisson.
Il aimerait cependant que la collaboration entre la Ville et le Parc soit encore plus étroite. «Nous sommes des partenaires depuis longtemps, mais on devrait être consultés un peu plus. Ce serait plus profitable puisque nous connaissons le territoire, les espèces et la biodiversité de A à Z. Il n'y a pas de ligne précise pour la consultation.»
Explications
De son côté, la Ville explique que la rivière (au-delà du littoral), où se tient des activités du Parc, n'a pas été incluse puisqu'il ne s'agit pas d’une superficie sujette à un aménagement (développable).
«Le concept de la Zone d’aménagement écologique particulière (ZAEP) sous-entend des choix de développement durable par une conciliation de l’usage du territoire et sa conservation», explique le porte-parole, Marc Laforge.
Pour ce qui est des aires protégées et territoires publics gérés par Éco-Nature, M. Laforge indique qu'ils sont d’office protégés, alors que la zone urbaine à proximité d’Éco-Nature est presque entièrement développée.
Finalement, le porte-parole fait remarquer que tous les terrains riverains à proximité d’Éco-Nature sont déjà protégés par la réglementation municipale (zones inondables, rives, littoral) et par la réglementation provinciale sur la Protection des rives, du littoral et des plaines inondables.
«Nous poursuivons notre partenariat avec Éco-Nature et si cet organisme souhaite que nous inscrivions à notre cartographie des terrains et îles privées qui font l’objet d’un statut officiel de conservation, il nous fera plaisir de le faire. La Politique se veut un outil évolutif de gestion et de représentation des milieux naturels d’intérêt et nous publierons périodiquement des mises à jour», confie Marc Laforge, ajoutant que le fait de ne pas inclure le Parc de la Rivière-des-Mille-Îles dans une ZAEP «n’enlève rien à la reconnaissance du travail de conservation et de mise en valeur déjà accompli par Éco-Nature en partenariat avec la Ville de Laval».