Drôle de paradoxe!
L’avenir des bois de la Source et Orée des bois
D’un côté, la Ville inclut le bois de la Source et celui d’Orée des bois dans sa liste d’écosystèmes à protéger. De l’autre, elle autorise la construction résidentielle. Le paradoxe n’échappe pas à Richard Pelletier.
Biologiste et chargé de projets au Conseil régional de l’environnement, M. Pelletier s’attendait à ce que la Ville retienne ces deux écosystèmes dans le cadre de sa politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels du territoire.
«La Ville focalisait sur ces deux bois depuis longtemps en termes d’acquisitions, explique-t-il. Ils sont intéressants parce que tous les deux sont situés en zone urbaine, donc tous les deux subissent la pression du développement. Au bois de la Source, par exemple, nous sommes montés jusqu’à Québec l’automne dernier pour défendre le bois face à de nouvelles constructions, autorisées par le ministère du Développement durable.
Nous étions déçus. Malheureusement, cet écosystème va souffrir du développement.»
Trop abstrait
M. Pelletier trouve la Politique de conservation et de mise en valeur des milieux naturels de la Ville trop floue. «Elle n’éclaire pas du tout les gens sur les intentions de la Ville, signale-t-il, et le cas du bois de la Source est un excellent exemple. C’est en quelque sorte le renouvellement d’une importante étude de foresterie urbaine déjà réalisée. Les objectifs manquent de précision. On parle de corridors et de zones tampons, mais on ne les identifie pas. À Montréal pourtant, on s’est fait un devoir de fournir des actions précises.»
Il déplore d’autres aspects de la politique. «Pourquoi cibler une superficie protégée de 9% alors que nous avons un potentiel d’au moins 13%? Ailleurs dans les grandes villes, on vise 12% et plus. Et pourquoi la Ville ne veut pas tenir de consultation populaire? C’est dommage parce que cette politique est appelée à façonner le visage de Laval pour très longtemps!»
M. Pelletier croit que l’on pourrait avoir des surprises si, au lieu de se lancer dans un tas d’acquisitions, on demandait aux gens jusqu’où ils sont disposés à contribuer avec leur compte de taxe pour la préservation des zones d’intérêt écologique.