Printemps éternel à Gisenyi
Une heure d’orage est venue reverdir nos milliers de collines. Le soleil est revenu l’instant suivant (…il m’a dit de te le dire!). Printemps éternel à Gisenyi, le lac Kivu aux reflets changeants, parfois argentés, parfois noir ébène avant tempêtes, avec fond de montagnes toutes bleues ou dorées sous un magnifique soleil couchant.
Les grands arbres géants, majestueux (ce qu’il en reste), perçant un beau ciel azur et défiant les nuages.
La route remise à neuf, de Ruhengeri menant au Congo, littéralement dans un état de guerre, dans nos lieux, s’en vient. Encore quelques kilomètres et si tout va comme prévu, je rentrerai chez nous sur une belle route toute neuve. Depuis quelques semaines, des bûcherons armés de scie à chaîne majuscule s’en donnent à cœur joie. Pour éviter d’avoir à payer pour la démolition et la réfection des murailles entourant les demeures et hôtels le long du lac, il a été décidé d’abattre, sans autre avis qu’un grand x rouge, une bonne centaine de ces géants Eucalyptus probablement centenaires, d’un mètre ou deux de diamètre, dont le pied baigne presque dans le lac. On n’arrête pas le progrès.
Mais chose fascinante, nos bûcherons sont aussi des artistes : avec leur rustre instrument, ils dépècent les arbres et à partir des billots de douze pieds, comme disait Vigneault, ils font des piles de poutres, de madriers et planches dont rêveraient bien des ébénistes. Et des dizaines de femmes et d’enfants à l’affût récupèrent branches et brindilles qu’ils attachent en énormes fagots et transportent allègrement sur leur tête comme précieux bois de chauffage : rien ne se perd, rien ne se crée.
On annonce même qu’une entreprise congolaise viendrait sous peu paver une trentaine de kilomètres des rues de la ville. Quand on connaît l’état dans lequel elles sont depuis les années fastes… Une entreprise colossale dont je ne verrai sûrement jamais les résultats.
Faut voir les charmes de cet immense mer intérieure pour déplorer l’absence d’infrastructures touristiques, mais quand on y repense avec des yeux moins mercantiles, quel bonheur de voir ces centaines de gosses, de tous âges, gambader, nager, faire des acrobaties sur les longues plages pour affirmer qu’ils sont encore chez eux, chez eux! Je suis retourné au Petit Paradis. J’y étais allé l’an passé. Si le vrai paradis est comme ce petit-là, je ne détesterais pas aller y passer une éternité à la fin de mes jours. Un gîte accueillant, avec restaurant à la cuisine locale savoureuse, sur un site de rêve, isolé, fleuri sur les rives de ce lac fascinant.
Quant au travail et aux objectifs que nous nous sommes donnés, nous en sommes aux synthèses des travaux de restructuration de Vision Jeunesse Nouvelle avec l’espoir de présenter les nouveaux statuts d’ici une semaine. Pour le reste de la restructuration, tout est en place - le modèle théorique est prêt et son actualisation entre de bonnes mains. Quant aux cours d’anglais, mission plus qu’accomplie… Les ateliers libres que je proposais, le samedi matin où j’ai demandé aux plus avancés de travailler avec les débutants, fonctionnent le plus naturellement du monde. J’ai confiance que le passage radical à l’anglophonie sera un peu moins douloureux… J’espère seulement que le Rwanda ne deviendra pas trop rapidement une autre Louisiane ou quelque autre province-succursale de l’empire qu’on connaît trop bien. Les Rwandais ont déjà en commun cinq siècles de kinyarwanda, lingua franca fort expressive et partagée par tous les Rwandais. Combien de générations survivront à ce passage intensif et brusque pour ne pas dire brutal à l’anglicisation? Mais à chacun ses avatars et ses solutions!
Paraît que le printemps montre déjà ses dents timidement. Encore quelques degrés et je rentre au bercail.
Les grands arbres géants, majestueux (ce qu’il en reste), perçant un beau ciel azur et défiant les nuages.
La route remise à neuf, de Ruhengeri menant au Congo, littéralement dans un état de guerre, dans nos lieux, s’en vient. Encore quelques kilomètres et si tout va comme prévu, je rentrerai chez nous sur une belle route toute neuve. Depuis quelques semaines, des bûcherons armés de scie à chaîne majuscule s’en donnent à cœur joie. Pour éviter d’avoir à payer pour la démolition et la réfection des murailles entourant les demeures et hôtels le long du lac, il a été décidé d’abattre, sans autre avis qu’un grand x rouge, une bonne centaine de ces géants Eucalyptus probablement centenaires, d’un mètre ou deux de diamètre, dont le pied baigne presque dans le lac. On n’arrête pas le progrès.
Mais chose fascinante, nos bûcherons sont aussi des artistes : avec leur rustre instrument, ils dépècent les arbres et à partir des billots de douze pieds, comme disait Vigneault, ils font des piles de poutres, de madriers et planches dont rêveraient bien des ébénistes. Et des dizaines de femmes et d’enfants à l’affût récupèrent branches et brindilles qu’ils attachent en énormes fagots et transportent allègrement sur leur tête comme précieux bois de chauffage : rien ne se perd, rien ne se crée.
On annonce même qu’une entreprise congolaise viendrait sous peu paver une trentaine de kilomètres des rues de la ville. Quand on connaît l’état dans lequel elles sont depuis les années fastes… Une entreprise colossale dont je ne verrai sûrement jamais les résultats.
Faut voir les charmes de cet immense mer intérieure pour déplorer l’absence d’infrastructures touristiques, mais quand on y repense avec des yeux moins mercantiles, quel bonheur de voir ces centaines de gosses, de tous âges, gambader, nager, faire des acrobaties sur les longues plages pour affirmer qu’ils sont encore chez eux, chez eux! Je suis retourné au Petit Paradis. J’y étais allé l’an passé. Si le vrai paradis est comme ce petit-là, je ne détesterais pas aller y passer une éternité à la fin de mes jours. Un gîte accueillant, avec restaurant à la cuisine locale savoureuse, sur un site de rêve, isolé, fleuri sur les rives de ce lac fascinant.
Quant au travail et aux objectifs que nous nous sommes donnés, nous en sommes aux synthèses des travaux de restructuration de Vision Jeunesse Nouvelle avec l’espoir de présenter les nouveaux statuts d’ici une semaine. Pour le reste de la restructuration, tout est en place - le modèle théorique est prêt et son actualisation entre de bonnes mains. Quant aux cours d’anglais, mission plus qu’accomplie… Les ateliers libres que je proposais, le samedi matin où j’ai demandé aux plus avancés de travailler avec les débutants, fonctionnent le plus naturellement du monde. J’ai confiance que le passage radical à l’anglophonie sera un peu moins douloureux… J’espère seulement que le Rwanda ne deviendra pas trop rapidement une autre Louisiane ou quelque autre province-succursale de l’empire qu’on connaît trop bien. Les Rwandais ont déjà en commun cinq siècles de kinyarwanda, lingua franca fort expressive et partagée par tous les Rwandais. Combien de générations survivront à ce passage intensif et brusque pour ne pas dire brutal à l’anglicisation? Mais à chacun ses avatars et ses solutions!
Paraît que le printemps montre déjà ses dents timidement. Encore quelques degrés et je rentre au bercail. Les grands arbres géants, majestueux (ce qu’il en reste), perçant un beau ciel azur et défiant les nuages.
La route remise à neuf, de Ruhengeri menant au Congo, littéralement dans un état de guerre, dans nos lieux, s’en vient. Encore quelques kilomètres et si tout va comme prévu, je rentrerai chez nous sur une belle route toute neuve. Depuis quelques semaines, des bûcherons armés de scie à chaîne majuscule s’en donnent à cœur joie. Pour éviter d’avoir à payer pour la démolition et la réfection des murailles entourant les demeures et hôtels le long du lac, il a été décidé d’abattre, sans autre avis qu’un grand x rouge, une bonne centaine de ces géants Eucalyptus probablement centenaires, d’un mètre ou deux de diamètre, dont le pied baigne presque dans le lac. On n’arrête pas le progrès.
Mais chose fascinante, nos bûcherons sont aussi des artistes : avec leur rustre instrument, ils dépècent les arbres et à partir des billots de douze pieds, comme disait Vigneault, ils font des piles de poutres, de madriers et planches dont rêveraient bien des ébénistes. Et des dizaines de femmes et d’enfants à l’affût récupèrent branches et brindilles qu’ils attachent en énormes fagots et transportent allègrement sur leur tête comme précieux bois de chauffage : rien ne se perd, rien ne se crée.
On annonce même qu’une entreprise congolaise viendrait sous peu paver une trentaine de kilomètres des rues de la ville. Quand on connaît l’état dans lequel elles sont depuis les années fastes… Une entreprise colossale dont je ne verrai sûrement jamais les résultats.
Faut voir les charmes de cet immense mer intérieure pour déplorer l’absence d’infrastructures touristiques, mais quand on y repense avec des yeux moins mercantiles, quel bonheur de voir ces centaines de gosses, de tous âges, gambader, nager, faire des acrobaties sur les longues plages pour affirmer qu’ils sont encore chez eux, chez eux! Je suis retourné au Petit Paradis. J’y étais allé l’an passé. Si le vrai paradis est comme ce petit-là, je ne détesterais pas aller y passer une éternité à la fin de mes jours. Un gîte accueillant, avec restaurant à la cuisine locale savoureuse, sur un site de rêve, isolé, fleuri sur les rives de ce lac fascinant.
Quant au travail et aux objectifs que nous nous sommes donnés, nous en sommes aux synthèses des travaux de restructuration de Vision Jeunesse Nouvelle avec l’espoir de présenter les nouveaux statuts d’ici une semaine. Pour le reste de la restructuration, tout est en place - le modèle théorique est prêt et son actualisation entre de bonnes mains. Quant aux cours d’anglais, mission plus qu’accomplie… Les ateliers libres que je proposais, le samedi matin où j’ai demandé aux plus avancés de travailler avec les débutants, fonctionnent le plus naturellement du monde. J’ai confiance que le passage radical à l’anglophonie sera un peu moins douloureux… J’espère seulement que le Rwanda ne deviendra pas trop rapidement une autre Louisiane ou quelque autre province-succursale de l’empire qu’on connaît trop bien. Les Rwandais ont déjà en commun cinq siècles de kinyarwanda, lingua franca fort expressive et partagée par tous les Rwandais. Combien de générations survivront à ce passage intensif et brusque pour ne pas dire brutal à l’anglicisation? Mais à chacun ses avatars et ses solutions!
Paraît que le printemps montre déjà ses dents timidement. Encore quelques degrés et je rentre au bercail.
7 mars 2009
bobo ketchup
Commentaire mis en ligne le 13 janvier 2010Blablablabla ces nul et ces vraiment trop long bouuuuuuuuuuuu!!!!!!!!!Quand vous aller faire quelque chose de bon pour une fois bou!