Pendant que l'enquête se poursuivait à l'intérieur, des gens ont déposé un bouquet et un toutou en mémoire des fillettes décédées.
(Photos: Martin Alarie)
Tristesse et incompréhension
Aujourd'hui, alors que la mère comparaissait en cour sous deux chefs d'accusation de meurtre au premier degré, la tristesse et l'incompréhension étaient encore vives 48 heures après le meurtre des deux fillettes, dans ce paisible rond-point du quartier Val-des-Brises.
Pendant qu'ouvriers et adolescents profitaient d'un soleil superbe de printemps, les premiers pour enlever les dernières décorations de Noël d'une propriété avoisinante, les seconds pour étudier en plein air, des enquêteurs récoltaient les derniers éléments de preuve à l'intérieur du 3958, rue de l'Adjudant.
Plus loin, des voisins étaient encore atterrés par les événements tragiques s'étant passés à deux pas de chez eux. Les yeux bien fixés sur le bouquet de fleurs et le toutou déposés au pied de l'arbre dont prenaient soin les enfants décédés.
«Je n'ai rien à dire de mal sur la mère. Adèle (Sorella) faisait tout pour elles, elle jouait avec ses filles, elle les amenait à leur cours de danse. Les fillettes venaient souvent à la maison, elles adoraient les carrés de Rice Krispies. C'était de belles filles! Elles aimaient côtoyer mes enfants, qui sont plus vieux, pour s'amuser et profiter de la piscine», racontent des voisines, mère et fille, qui ont désiré garder l'anonymat.
Dépression
«C'était des fillettes polies, sans une once de malice. Parfois, je leur donnais des fruits qu'elles convoitaient dans un de mes arbres», relate Gabriel Paradis, qui a appris la nouvelle à son arrivée du travail, le 31 mars.
«Quand j'ai vu les autos de police, j'ai eu un pressentiment. J'ai immédiatement demandé aux policiers: est-ce la maison de gauche? Est-ce les enfants? Même après la fuite de son mari, recherché dans l'affaire Colisée, elle était demeurée joyeuse. Sauf que depuis six mois, elle ne me parlait plus, elle qui saluait tout le monde. Ça se voyait, qu'elle était dépressive. Avoir su que ça irait si loin, j'aurais aimé lui offrir de l'aide. Mais c'est si difficile de comprendre ce que les gens ressentent vraiment en dedans d'eux autres. Je ne peux pas comprendre comment une mère peut enlever la vie de ses enfants», d'ajouter M. Paradis.
«Je devais quitter pour aller rejoindre des amis, quand les policiers m'ont dit de rester à la maison et de ne pas en bouger. C'était des enfants gentils, elles venaient souvent sonner ici pour jouer avec ma petite sœur. Et leur mère ne manquait jamais de nous envoyer la main», souligne pour sa part Kevin Colantonio.
Enfants consternés
À l'école Genesis, les enfants ont dessiné et colorier pour exprimer leurs sentiments devant les pupitres vides de leurs petites amies. Une rencontre était prévue dans la journée du vendredi 3 avril, afin de commémorer l'événement.
«C'est un gros choc dans notre quartier. Mon garçon va à la même école que les fillettes. On ne peut jamais penser que la détresse peut aller jusque-là. Ça provoque de grands questionnements, et encore plus, quand nous sommes nous-mêmes parents», de confier Carlo Piluso, avant de continuer la promenade en landau de son nouveau-né.