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Les jeunes automobilistes lavallois parmi les plus à risque au Québec

Jean-Marie De Koninck les exhorte à lever le pied

Stéphane St-Amour par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 22 avril 2009 à 12:21
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Les jeunes automobilistes lavallois parmi les plus à risque au Québec
Jean-Marie De Koninck rappelle que la mise à l'essai de radars photographiques et de caméras aux feux rouges entrera en vigueur au Québec le 19 mai prochain. (Photo: Martin Alarie)
Les jeunes automobilistes lavallois parmi les plus à risque au Québec
Jean-Marie De Koninck les exhorte à lever le pied
On savait que les jeunes de 16-24 ans étaient surreprésentés dans les accidents de la route avec dommages corporels; on sait maintenant que les Lavallois de ce groupe d'âge y sont impliqués dans une plus grande proportion que l'ensemble des Québécois.
À ce chapitre, Laval se classe parmi les "pires régions", a déclaré le président de la Table québécoise de la sécurité routière, Jean-Marie De Koninck, lors de son passage au collège Montmorency, mardi matin.
Chiffres à l'appui
Entre 2003 et 2007, la proportion de conducteurs lavallois, âgés de 16 à 24 ans, impliqués dans un accident avec blessés s'établit à 24,39%, plus d'un point de pourcentage au-dessus de la moyenne québécoise de 23,05%.
Cet écart est encore plus significatif lorsqu'on considère que ces jeunes détiennent seulement 9,36% des permis de conduire en vigueur à Laval contre 10,08% pour tout le Québec. "Ces jeunes devraient normalement être moins exposés aux risques de la route, puisqu'ils roulent quelque 4000 kilomètres de moins par année que la moyenne des automobilistes, sans compter qu'ils ont de meilleurs réflexes et une plus grande acuité visuelle", fait part M. De Koninck.

Les statistiques sont encore plus effroyables pour le sous-groupe des 16-19 ans, déplore-t-il. "Ils ne détiennent que 3% des permis au Québec, mais sont représentés dans 11% des accidents de la route avec blessés."
Alcool et vitesse
Père fondateur de l'Opération Nez rouge, une initiative qui a vu le jour à l'Université Laval en 1984, Jean-Marie De Koninck est reconnu pour sa lutte contre la conduite en état d'ébriété.
Il souligne qu'un accident mortel sur trois causé par l'alcool implique un jeune de moins de 25 ans. Il mentionne également que "43% des jeunes conducteurs décédés dans un accident de la route entre 2002 et 2006 avaient de l'alcool dans le sang", soulignant qu'il s'agit de la "première cause de décès" chez les 16-24 ans.

Ces pertes de vie surviennent dans la grande majorité des cas les nuits de week-end et mettent en cause d'autres passagers du même âge, fait-il valoir.

La témérité, poursuit le principal intéressé, est cet autre cataclysme qui décime les rangs des jeunes automobilistes. Ce sentiment d'invincibilité qui les habite les pousse à écraser le champignon au péril de leur propre vie.

À cet égard, M. De Koninck insiste pour dire qu'ils se font coller 34% de toutes les contraventions liées aux grands excès de vitesse, alors qu'ils sont responsables de près d'un excès de vitesse et d'une conduite imprudente sur deux (47%), justifiant la délivrance d'un billet d'infraction au Québec.
Bilan désastreux
En 2007, le bilan routier avait vu le nombre de décès sur les routes du Québec passer de 721 à 608, une réduction de 16 %.
Et bien que cette tendance baissière se soit poursuivie l'an dernier avec un recul des victimes qui avoisine les 7%, selon les statistiques des dix premiers mois de l'année, le bilan s'annoncerait "particulièrement désastreux pour les jeunes", avance Jean-Marie De Koninck, qui a décidé d'entreprendre une tournée des cégeps pour les sensibiliser aux dangers qui les guettent chaque fois qu'ils prennent le volant.
Mise en garde
Il les met d'ailleurs en garde contre la vitesse. "Dans une zone de 50 km/heure, les automobilistes doublent le risque d'être impliqués dans un accident avec blessés chaque fois qu'ils excèdent la limite de cinq kilomètres à l'heure. C'est exponentiel!" soutient ce mathématicien de carrière.
Il en remet en affirmant que celui qui roule à "75 km/h dans une zone de 50 est aussi dangereux qu'un conducteur aux facultés affaiblies par l'alcool".

Dans la même foulée, l'expert en sécurité routière évoque la règle du 3%. "Il suffit de réduire notre vitesse de 1% pour améliorer de 3% le bilan routier, ce qui représenterait 18 décès de moins [selon l'année de référence 2007]. En réduisant de cinq kilomètres à l'heure, c'est 15% de décès de moins qu'on déplorerait chaque année, soit l'équivalent de 90 vies sauvées." Par contre, la même règle s'applique à l'inverse, ne manque-t-il de signaler.

Au nombre des mesures préventives annoncées par la ministre des Transports à l'automne 2007, découlant des recommandations faites par la Table québécoise de la sécurité routière, la mise à l'essai de radars photographiques et de caméras aux feux rouges entrera en vigueur au Québec à compter du 19 mai prochain, a rappelé en terminant Jean-Marie De Koninck.

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