Frédéric Boivin est le premier diplômé en cyberenquête de la Police de Laval.
(Photos: Martin Alarie)
Un premier cyberenquêteur à la Police de Laval
En devenant le premier diplômé en cyberenquête de la Police de Laval, Frédéric Boivin a réuni ses deux plus grandes passions: la police et l'informatique.
Ils sont une dizaine comme lui à faire partie de la première classe de diplômés du certificat en cyberenquête, un nouveau corpus de dix cours offert par le Centre de formation continue de l'école Polytechnique de Montréal.
«De plus en plus, nous répondons quotidiennement à des appels liés à la cybercriminalité. Les gens reçoivent des menaces de mort, ou sont victimes de harcèlement sur les sites de clavardage (MSN, Facebook). Il y a du libelle diffamatoire sur les blogues, sans compter le leurre d'enfants par des adultes ou la pornographie juvénile. Le phénomène va prendre beaucoup d'ampleur ces prochaines années», raconte Frédéric Boivin, qui a débuté sa carrière policière il y a six ans dans la GRC. L'agent de 29 ans est à la Police de Laval depuis trois ans.
Traquer le crime virtuel
Le certificat en cyberenquête combine des formations en Droit, Enquête, Piratage et Clavardage. Fausse page d'accueil Internet pour frauder les codes d'accès personnalisés, vol de données d'entreprises, leurre d'enfant, «on se crée un pseudonyme Julie 12 (ou Maxime 11) et une douzaine d'adultes vont t'accoster virtuellement en moins de 15 minutes pour t'offrir très vite des échanges sexuels», analyse juridique du contenu d'ordinateurs perquisitionnés, «ce peut être les cellulaires ou blackberry; on apprend comment récupérer les données»: le programme était chargé.
Frédéric Boivin a, entre autres, appris à retracer les adresses IP derrière lesquelles pensent se cacher les pirates, pédophiles et autres criminels.
«Nous pouvons remonter jusqu'à l'adresse civique de ces gens. L'important est de s'assurer de récolter toute l'information dans les limites légales, afin que tout le produit de l'enquête soit admissible en preuve devant les juges et qu'on puisse accuser les contrevenants.»
Une section de cyberenquête?
Maintenant reste à savoir comment tout ce savoir et ces compétences seront utilisés sur le terrain. Il n'y a toujours pas de section spécialisée en cybercriminalité à Laval. Un seul enquêteur est actuellement affecté à ce type de travail.
«Ce devrait être inévitable dans un avenir proche. Les corps policiers sont en train de s'adapter à ces nouveaux types de crimes. Il ne faut pas oublier que le criminel du cyberespace ressent souvent un sentiment très fort d'anonymat, et nous avons maintenant les moyens de pourchasser ces gens», observe Frédéric Boivin, qui croit beaucoup à la force de prévention et de sensibilisation, entre autres auprès des écoles et des entreprises, que permet le certificat en cyberenquête.
PINTE JEAN-PAUL
Commentaire mis en ligne le 3 mai 2009Pour tout savoir sur la cybercriminalité lire mon blog
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