Antoine Désilets immortalisé par Pierre Bourgeault dans les années 60. (Photo: courtoisie - Pierre Bourgeault)
L’homme derrière la lentille
Un hommage particulier sera rendu au père de la photographie de presse au Québec, Antoine Désilets. Les Productions Léz’Arts honoreront l’homme et son œuvre, dans le cadre du festival de photographie l’Empreinte de Saint-Vincent-de-Paul.
«Faire un hommage à M. Désilets est un incontournable, nous avons un personnage extraordinaire qui a marqué la photographie au Québec. Il nous a fait cadeau de son expérience, de son savoir, de sa passion contagieuse et de sa grande générosité sans frontière», souligne Christiane Joly, présidente fondatrice des Productions Léz’Arts et de l’Empreinte de Saint-Vincent-de-Paul.
L’exposition qu’il présente dans le cadre du festival, …Soleil…silhouettes…et jeux d’ombres, offre des prises de vues contrastées, des jeux de lumière inattendus. «J’aime beaucoup photographier le soleil plutôt que de lui tourner le dos. Ça donne des effets spectaculaires,» illustre l’artiste.
Vivre de sa passion
Au premier abord, il apparaît clair que le Lavallois Antoine Désilets est plus à l’aise derrière la caméra que sous les feux de la rampe. «J’ai fait beaucoup de télé, de radio… Quand tu as publié 11 livres, tout le monde veut t’avoir. Mais les cérémonies et le jet set, je me tiens loin de ça», affirme M. Désilets.
Les livres qu’il a publiés se sont vendus à environ 700 000 exemplaires. Plusieurs sont des manuels d’apprentissage de l’art de la photo. «Je rencontre plein de monde qui me disent: "J’ai commencé à faire de la photo avec vos livres!"» explique celui qui s’est lui-même inspiré de Henri Cartier-Bresson, photographe français considéré comme le père du photojournalisme moderne.
La photographie est entrée dans sa vie par le biais de son grand-oncle, un religieux à Nicolet. Ce dernier fait visiter son laboratoire de photo au jeune Antoine, alors âgé de 10 ans, qui attrape la piqûre.
Il débute sa carrière photographique chez Canadair, en 1955. Le journal La Presse l’embauchera comme photographe-reporter en 1961. De 1974 à 1976, il travaillera sous les ordres de René Lévesque, au journal Le Jour.
Au cours de sa tumultueuse carrière, M. Désilets a accumulé les prix et les distinctions. Entre autres, il est nommé photographe-reporter de l'année de l'Association des photographes de presse de Montréal en 1963, 1965 et 1966. En 1966, 1968 et 1969, il se voit sacré photographe de l’année par le National Press Photographers Association. Il est décoré de l’Ordre national du Québec en 1990.
En 2005, quand la Fédération professionnelle des journalistes du Québec lui mentionne vouloir nommer un prix en son honneur, M. Désilet accepta de bonne grâce. «Ils m’appellent le père de la photographie. Je ne pouvais pas refuser un tel honneur!»
Aujourd’hui âgé de 82 ans, Antoine Désilets s’est converti à la photographie digitale. «Toutes les possibilités qu’on a, c’est fou! Ma chambre noire, maintenant, c’est mon ordinateur!» Il a d’ailleurs numérisé près de 15 000 de ses meilleures images, qu’il a remises aux Archives nationales.
L’exposition …Soleil…silhouette…et jeux d’ombres sera présentée jusqu’au 7 juin à la galerie d’art Saint-Vincent-de-Paul, située au 1100, place Jean-Eudes Blanchard.